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Tragédie – Compagnie Olivier Dubois (Critique d’Alicia Beauchemin)

par Émilie Rioux, le 29 avril 2014 | Chéri(e) j’arrive

 Critique par Alicia Beauchemin

TRAGÉDIE
COMPAGNIE OLIVIER DUBOIS
Olivier Dubois
Dix-huit artiste sur scène

Crédit Photo : Olivier Dubois

Crédit Photo : Olivier Dubois

 

Tragédie humanesque

Présenté au Festival d’Avignon en 2012, le spectacle Tragédie d’Olivier Dubois a secoué le public et a fait un tôlé dans la presse française. Présenté pour un soir seulement dimanche soir dernier au Grand Théâtre de Québec, l’œuvre du chorégraphe explore un univers mystérieux en danse contemporaine qui s’inspire de la déchéance humaine.  

Tragédie débute avec un éclairage très sombre et bleuté. Un bruit sourd de tambour se fait entendre dans la salle. Puis soudain une femme nue, marche sur scène et disparait au travers les rideaux noirs de l’arrière-scène. On a de la difficulté à discerner l’artiste sur scène tant l’éclairage est tamisé. Ensuite, une seconde femme apparaît, elle avance vers le public et à son tour disparaît vers l’arrière. Graduellement d’autres danseurs entrent en scène et disparaissent. Ils marchent tous avec le même pas et abordent le même regard sombre. Ils avancent et repartent tels de petits robots mécanisés. La présence du bruitage de tambour se fait toujours entendre. Une vingtaine de minutes s’écoulent ainsi puis le spectateur se questionne si Tragédie se déroulera comme ceci pour la prochaine heure. Est-ce ceci que la grande presse française c’était écriée de qualifier de controversé ? Heureusement non, Tragédie tarde à débuter, mais lorsque celui-ci se met en jeu, il ne laisse aucunement l’auditoire sur sa faim.

Apothéose humaine

Tragédie exploite le phénomène de la Catharsis par l’apothéose des corps jusqu’à la jouissance des corps libérés. Les dix-huit danseurs nus comme des vers fourmillent au pas cadencé. Ils avancent et reculent, marchent et reviennent. Ils sont conditionnés à un pas minuté et calculés comme si Dubois voulait démontrer au public que la condition humaine n’était seulement qu’une simple question de temps et de calcul. Il faut aussi savoir que Dubois poursuit Tragédie dans un volet d’une trilogie portant sur la révolution.

De plus, le nu fait partie intégrante du spectacle de Dubois. Les dix-huit danseurs ne portent aucun vêtement du début à la fin du spectacle. Ces artistes représentent l’être humain à son état primitif et ceci s’avère l’ultime résultat de la beauté en danse contemporaine. Plusieurs peuvent se poser la question de la pertinence d’y insérer le nu en danse contemporaine. Inévitablement, le nu à une place très importante au travers ce type d’art, car il représente le corps humain à son naturel. Le nu c’est un aspect essentiel de la vie, nous naissons nus et nous mourons nus. Par contre, cette question peut devenir complexe à certains égards. La danse contemporaine n’est pas seulement l’ultime utilisateur du nu, plusieurs autres types d’art joue avec cette technique. Olivier Dubois s’avère un artiste qui utilise le corps humain pour expliquer ses œuvres. Le nu devient ainsi un objet significatif, surtout pour un spectacle tel que Tragédie.

Malgré l’introduction légèrement tardive, l’œuvre d’Olivier Dubois ne laisse aucun spectateur pantois. Présenté un soir seulement à Québec, Tragédie a obtenu l’éloge à la hauteur de son art malgré le peu de spectateurs présent dans l’immense salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre.