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Ballets jazz de Montréal – Dance me/Leonard Cohen

par Cyril Schreiber, le 9 novembre 2018 | Chéri(e) j’arrive, Critiques musicales

C’est dans une salle Louis-Fréchette presque pleine que le public de Québec a enfin pu voir, jeudi soir, Dance me/Leonard Cohen, un spectacle acclamé des Ballets jazz de Montréal construit autour de l’oeuvre du poète et chanteur montréalais, qui l’a approuvé de son vivant, près d’un an après sa création.

Dans une idéation de Louis Robitaille et une mise en scène d’Éric Jean, sous la tutelle de trois chorégraphes, la quinzaine de danseurs ont ainsi donné vie de leurs corps athlétiques aux magnifiques chansons de Cohen, tant celles de la première époque que les dernières vers la fin de sa carrière. Si le langage de la danse n’est pas accessible à tout le monde, le spectateur a cependant pu s’accrocher parfois à autre chose, et c’est là la grande force de ce spectacle : outre la musique de Leonard Cohen, qu’on (re)découvre avec plaisir, Dance me mélangeait lumières, éclairages, chant, projections vidéo. De quoi démocratiser et dépoussiérer le genre du spectacle de danse traditionnel.

Crédit : Thierry DuBoi.

Parmi les bons coups, notons le jeu d’éclairage sur Here it is, l’utilisation de bâtons  sur Everybody knows et First we take Manhattan, de boîtes et machines à écrire (sur Tower of song, notamment) et, plus surprenant, de chant live provenant des danseurs mêmes : So long, Marianne et l’incontournable Hallelujah ont ainsi bénéficié d’un traitement spécial, faisant peut-être un peu plus vibrer les spectateurs, qui assistaient à un volet plus organique, chaleureux, du spectacle.

Même pas de temps morts entre deux chansons, ou si peu : la direction musicale de Martin Léon et Alexis Dumais prenait le parti de remixer ici et là certaines chansons, d’insérer des extraits de poèmes ou d’entrevues de Cohen, ou encore un fond sonore perpétuel, un lien entre le tableau précédent et le suivant, avec toujours des chorégraphies.

Ce qui a donné un gros morceau pas trop indigeste à avaler, une petite heure et demie bien équilibrée où, non content d’avoir entendu du Leonard Cohen, le spectateur a probablement pu voir un des plus beaux et meilleurs spectacles de danse des dernières années, grâce justement à cet amalgame parfait des disciplines.

Le site officiel des Ballets jazz de Montréal (avec extraits) et la liste des chansons entendues.

Cyril Schreiber