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Benjamin Biolay – Palermo Hollywood : Buenos Aires Mon Amour

par Émilie Rioux, le 19 mai 2016 | Chéri(e) j’arrive

par Cyril Schreiber

Buenos Aires mon amour

Un an après son hommage à Charles Trenet, Benjamin Biolay revient déjà avec un nouvel album, Palermo Hollywood. Comme souvent chez l’enfant terrible de la chanson française, l’œuvre puise ses fondements dans la vie privée, mais fortement médiatisée, de son créateur : en l’occurrence, sa relation avec Vanessa Paradis, qui donnera Love songs pour elle… et cet album de rupture pour lui.

Buenos Aires, Biolay l’évoquait déjà dans une chanson de La superbe (2009), son plus grand succès public et critique. Ici, il creuse davantage le filon, puisque c’est dans la capitale argentine qu’il a à moitié enregistré ce nouvel opus, loin des médias de l’Hexagone et de sa récente dépression alcoolisée. De cet exil volontaire, de cet isolement souhaité, Benjamin Biolay prend le meilleur : certes, les textes sont tout aussi sombres que sur les précédents albums, mais on sent son chant plus détaché, presque lumineux par endroits. Il semble aller mieux, peut donc se permettre de chanter comme il le fait depuis presque toujours ses états d’âme, mais avec un certain détachement, une distance bénéfique.

La grande originalité de Palermo Hollywood, fortement imprégné de l’ambiance locale, c’est le mélange des ingrédients : outre les instruments traditionnels, les cuivres et non pas un mais deux orchestres, on peut y entendre surtout le mélange réussi entre programmations électroniques et instruments sud-américains (congas, bandonéon, charango…), ce qui donne des chansons souvent rythmées. Biolay est un grand mélodiste, et ça s’entend de plus en plus, notamment sur Miss miss, un bel exemple du genre.

Sur cet album généreux (14 titres, 51 minutes), qui pullule de duos et trios parfois heureux, parfois pénibles, et de deux pièces instrumentales, on déplorera la fin abrupte de certaines chansons mais retiendra surtout l’écho entre certaines chansons (celles commençant par Palermo), surtout Palermo spleen, une ballade où sifflements, trompette et voix de ténor se marient très bien ensemble. Ceux qui n’aimaient déjà pas le chant lancinant, à la limite parfois du parler, du chanteur resteront dans leur coin – les autres salueront encore une fois la production impeccable du petit génie de la chanson française, qui vieillit bien. Il paraît que Biolay, toujours très productif, prépare déjà un deuxième volume de ses pérégrinations argentines : on l’attend d’ores et déjà avec impatience.

AUSSI : Clip de Miss miss : https://www.youtube.com/watch?v=W0vCddpZ3WI