Blogues

Blade Runner 2049 : Tour de force futuriste

par Émilie Rioux, le 6 octobre 2017 | Chéri(e) j’arrive

par Vincent Lemelin

J’ai vu le nouveau Blade Runner.

Je préviens, tout de suite, je ne suis pas un grand fan de la science-fiction ou même de la fantasie-fiction – je n’écoute pas Game of Throne.

Avant d’apprendre que Blade Runner 2049 sortait cette semaine, je n’avais jamais même songé à écouter le premier opus de ce qui sera bientôt une trilogie – j’anticipe!

Toutefois, je devais lamentablement échouer à me mettre à jour puisque je n’ai pu m’empêcher de ne pas m’endormir à chaque écoute. Pas que je m’ennuyais, mais les journées sont longues et les nuits courtes.

J’en ai, néanmoins, suffisamment vu pour bien saisir les nombreuses références faites au premier Blade Runner. Car, il faut le comprendre! Il s’agit bel et bien d’une suite directe de l’autre et non d’un simple spin-off.

blade-runner-2049-posterL’esthétique années 80 est tout simplement une immense réussite. C’est un véritable tour de force que de reprendre une esthétique aussi vieillotte que celle de cette décennie dont les photos des contemporains les font passer pour plus âgés à l’époque qu’aujourd’hui –pour ceux qui vivent toujours— et d’en faire une vision crédible du futur.

Certaines scènes sont d’une beauté effrayante. Effrayante, car elles sont comme prophétiques d’un avenir qu’on sait pas si éloigné et dont pourtant l’étendue nous échappe encore.

Il s’agit d’un des univers dystopiques les mieux réussit. D’une métropole oppressante au désert et à la dévastation, on se sent réellement écrasé par ce monde d’acier et de pluie.
Néanmoins, il y a quelques bémols que je ne puis passer sous silence, et ce, au risque passer pour un vieux grincheux ou –pire! – pour un mauvais Québécois qui n’apprécie pas suffisamment l’œuvre d’un des premiers d’entre nous.

D’abord, ce film, qu’on nous présente comme un grand questionnement sur la condition humaine, échoue à faire réfléchir longuement quelqu’un qui a fait Philo 1 ou plus. Et pourtant, le film suit une bonne piste, mais ne la pousse pas assez et se réfugie rapidement dans le facile.

Ensuite, et c’est peut-être ce qui m’a le plus déçu; l’intrigue est d’une prévisibilité affligeante. Vraiment, maintenant que j’écris ces lignes à froid, je me demande si ce n’était pas voulu? Peut-être souhaitait-on offrir un divertissement accessible aux spectateurs; un moment agréable en lui en mettant plein la vue mais pas la tête? Sinon, c’est que l’équipe ne croit pas beaucoup en l’intelligence du public – ce qui est, sans doute, sagesse.

Cette sensation d’être pris pour des cons est accentuée par des dialogues qui n’ont aucun autre but que de nous révéler des évidences – au cas où l’on aurait pas bien compris!

Mais au final, il s’agit tout de même d’un grand film et d’un bon moment!

Oh! et il y aura une suite.

 

P.S. Selon le film, ce qui est rassurant pour l’avenir, c’est qu’il sera de nouveau socialement acceptable de boire de l’alcool fort au travail. 

Auteur : Émilie Rioux