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Chéri(e) J’arrive….à POP Montréal!

par Émilie Rioux, le 29 septembre 2015 | Chéri-e j’arrive

Compte-rendu par Justine Lapierre-Poulin et Charles-Antoine Gosselin

MERCREDI – Pirate ensorcelée

Un Métropolis plein à craquer a accueilli chaleureusement Cœur de Pirate, qui donnait non seulement le coup d’envoi de POP Montréal, mais aussi celui de sa tournée de Roses, son plus récent opus. Dès les premières notes d’Oceans Brawl, on comprend que ce spectacle serait différent de ses prédécesseurs.

Béatrice Martin était confiante, énergique et dansait d’un bout à l’autre de la scène. Nous sommes à des années lumières de la timide jeune femme qui se cachait derrière son piano il y a quelques années. Disons que la mise en scène effectuée par Nico Archambault, qui a conçu aussi ses deux derniers vidéoclips, Carry On et Crier tout bas, a du aider à son aisance. C’est d’ailleurs la femme du danseur, Wynn Holmes, qui signe les chorégraphies de Roses. Mention spéciale aux effets visuels, qui ont véritablement envoutés le Métropolis.

Même si l’album n’était disponible que depuis quelques semaines, les spectateurs connaissaient déjà la majorité des paroles et ne se faisait par prier pour accompagner la chanteuse. Moment magique vers le milieu du spectacle où elle fut laissée seule avec son piano le temps de quelques chansons, le point fort de la soirée. On a notamment pu y apprécié Francis, d’ailleurs présent au spectacle selon les dires de Béatrice.

Bref, il y avait de beaux mélanges au Métropolis mercredi soir : mélange de générations dans la salle, mélange de chansons sur scène, passant aisément de son premier album éponyme à Roses en y intégrant tout autant Blonde.

Cœur de Pirate sera de retour au même endroit le 23 mars 2016.

JEUDI – C’est chaud c’est chaud c’est chaud

Jeudi soir, je décide de me diriger vers la Société des Arts technologiques, intriguée de revoir Kaytranada qui offre toujours des soirées hautement énergiques avec en bonus une foule en délire. C’était effectivement le cas dès mon entrée à la SAT, où Gravez, jeune producer d’Atlanta faisait déjà facilement bouncer les plusieurs centaines de personnes réunies, d’environ 18-20 ans. Les gros succès trap se succédaient pour le bonheur de la foule.

Vers 1h, la chaleur montait d’un cran et il était presque impossible de se diriger vers l’avant, faute d’air et d’espace. Avec une entrée prévue pour 1h30, Kaytranada s’est finalement pointé avec une vingtaine minutes de retard sous un tonnerre de cris stridents. L’attente en valait cependant la peine, car il a littéralement mit le feu à la place. On aurait peut-être apprécié un peu plus de climatisation de la part de la SAT, il était véritablement impossible de passer plus d’une dizaine de minutes dans la foule tellement la chaleur y était étouffante.

J’ai été étonnée de croiser Win Butler, faut croire que Kaytranada rassemble tout type de personne!

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Mon collègue Charles-Antoine Gosselin s’est rendu à deux endroits bien différents vendredi dernier. Son compte rendu :

VENDREDI – L’orgue du temple

Je préfère l’orgue au prêtre. Vendredi dernier, en première partie de la grande soirée du festival Pop Montréal – le duo sherbrookois Organ Mood, ont éclairé le triforium et le cul-de-four de l’Église Saint-Jean Baptiste à Montréal de leur divine lumière rétroprojectée et ont joué leur musica sacrae, poussée par de synthétiseur analogique et d’instruments faits-maison.

Dans le cadre d’une des soirées les plus attendues du festival Pop (et une des plus coûteuses), le duo sherbrookois (montréalais d’adoption), composé de l’instrumentaliste Christophe Lamarche et du projectionniste Mathieu Jacques ont réussi à se faire implorer par l’auditoire qui semblait s’être déplacé en grande partie, pour assister au retour de Giorgio Moroder en sol montréalais. Fort à parier que ceux-ci ont gagné l’attention d’un nouveau public.

Véritables officiers de cérémonies nouveaux-genres, Organ Mood livre une performance artistique interactive (un homme du public est invité à venir jouer avec Christophe Lamarche, des maracas sont distribuées dans l’assistance) à l’antithèse du sermon musical habituel.

En intensité; un crescendo. En durée; juste assez long. En originalité; un exemple. Amen.

Rave familial

Un des plus étranges concerts de ma vie. Le monument de la musique électronique, Giorgio Moroder, 75 ans, livre un set devant une foule 16-66 ans, complètement survoltée. Son succès From here to eternity survolte l’assistance : chaleur intense dans la place. S’enchaîne de sa collaboration de 1975 avec Donna Summer Love to love you baby, des glowsticks s’élèvent dans le lieu de culte. Levels d’Avicii commence, je vois un homme torse nu dans une des tribunes. En tout, une quarantaine de titres, EDM en passant par des morceaux de son dernier et 17e album Déjà-vu balancé au travers de quelques succès dance, sont mixés des mains du maître. Complets blancs, lunettes de soleil, discours de mononcs nostalgiques, des attroupements de fumeurs aux différents portails de l’église Saint-Jean-Baptiste, la performance éclatée de l’italien donne des allures de rave post-épluchette de blé d’Inde à la soirée.

Enfant terrible

Impossible pour moi de manquer le passage de Johnny de Courcy au festival. Séduit par le personnage en septembre dernier, lors de son passage à la Brasserie Beaubien, je m’étais promis de revoir celui qui s’est fait connaître à Montréal et à Vancouver. C’est au Divan Orange, vers minuit, que ça s’est passé.

De Courcy joue en solo, par-dessus des pistes déjà enregistrées de son dernier EP The Master Manipulator (qu’il vend d’ailleurs à 666$ sur son bandcamp) et où il n’ajoute que sa voix et sa guitare raboutée. De Courcy attire l’attention sur lui de façon brillante et esthétique, tantôt à la manière d’un poète maudit, tantôt comme une diva et on lui en donne. Mais on demanderait peut-être un peu plus d’humilité.

DIMANCHE – Brunch jazzé

Commencer son dimanche avec un brunch gratuit tout en écoutant BEAT SEXÜ, quoi demander de mieux. Comme à chaque année, Indie Montréal présentait son traditionnel lunch spectacle dimanche après-midi au Divan orange. Le premier groupe à performer, BEAT SEXÜ a su réchauffer la foule avec ses fameux rythmes disco électro. Dommage seulement que des tables étaient disposées à l’avant de la scène, forçant ainsi la foule à être plus reculée. L’idée d’un gouter gratuit est géniale, mais il aurait pu être offert avant les prestations, car on avait l’impression que les gens étaient plus attirés par la nourriture que par le band en question. Tout de même, BEAT SEXÜ a comme à l’habitude offert une prestation débordante d’énergie.

Bass planante

En soirée, je me suis dirigée du côté de la Casa del Poppolo pour me délecter de Bronswick, un duo très emballant. J’écoutais déjà depuis quelques temps le EP Errances disponible depuis juin dernier et j’avais hâte de voir en chair et en os leur électro-pop assez sombre. Le background plutôt rock de Catherine Coutu (Le volume était au maximum, Police des mœurs, like Elliot did) se marie parfaitement aux beats et sonorités hip-hop de Bertrand Pouyet. Le résultat est un délice pour les oreilles. Ensemble depuis 2014 seulement, Bronswick est déjà signé sous Lisbon Lux Records et la suite du premier EP se fait attendre avec impatience. Du bonbon pour les oreilles !

Sunday night fever

Après un spectacle assez court de Bronswick, direction Quai des Brumes pour entrer dans l’univers du groupe montréalais Choses Sauvages.

La foule assez dense, surprenant pour un dimanche soir, s’est laissée entrainée dès les premières notes de Félix, Marc-Antoine, Thomas et Philippe : indie-groovy, assurément funky. Le style est plutôt difficile à décrire, chaque chanson étant unique en son genre. Les paroles sans prétentions se marient parfaitement à la musicalité plus complexe. Le quatuor montréalais ne pourrait être plus à l’aise sur scène et alternent facilement d’instruments, prouvant la polyvalence de chacun. Choses Sauvages est inévitablement un band à surveiller, un de mes coups de cœur de POP Montréal. On croise les doigts pour de nouvelles composititons bientôt!

C’est ainsi que se termine l’édition 2015 de POP Montréal qui une fois de plus, est un véritable succès. Que vous préférez des légendes, des groupes émergents, les salles bondées ou les scènes minuscules, chacun trouve son compte grâce à ce grandiose festival.