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CITQ 2015 : Hiéroglyphes (par Samantha Clavet)

par Émilie Rioux, le 29 mai 2015 | Chéri(e) j’arrive

Pour célébrer ses vingt ans, l’organisme Entr’acte nous a offert, comme point culminant de sa programmation cette année, le spectacle Hiéroglyphes à la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec dans le cadre du Carrefour international de théâtre. Une seule représentation a été prévue pour cet évènement d’envergure qui regroupait plus d’une vingtaine d’artistes sur scène, tant auteurs, conteurs, gens de théâtre que participants d’Entr’acte.

Mais qu’est-ce qu’Entr’acte? Il s’agit d’un organisme communautaire et culturel qui a pour but « de développer, créer et diffuser un art unique, fait avec des personnes ayant des limitations fonctionnelles, en collaboration avec l’ensemble de la communauté » (site officiel)Hiéroglyphes est un exemple des plus éloquents de cette mission que se donne l’organisme.

Carrefour ThéâtreLa collaboration, d’abord. La collaboration dans la création, certes, puisque le spectacle se construit au fil des lectures de textes rédigés dans le partage d’idées et d’inspiration mutuelle entre un artiste-participant d’Entr’acte et de son parrain/marraine. Durant le premier acte du spectacle, le texte de l’artiste-participant d’Entr’acte nous est donné à entendre et à voir, la mise en scène de Jean-François Lessard nous offrant des images poétiques soutenant avec une grande sensibilité l’univers développé dans chaque histoire. Puis, durant le deuxième acte, le texte du parrain/marraine, inspiré par celui de l’artiste-participant d’Entr’acte avec lequel le parrain/marraine était jumelé, nous est livré. Ainsi, chaque duo est présent à deux reprises sur scène, parfois soutenu par la présence d’autres artistes. Et ce qui nous frappe le plus, du moins ce qui m’a le plus frappée moi : la grande émotivité des parrains/marraines. Oui, les textes; oui, les interprétations; oui, la mise en scène; oui, les éclairages, les projections, les sons; oui le travail colossal de mettre sur pied un spectacle d’une aussi grande envergure. Mais au-delà de tout cela, ce qui se vit sur scène. Parce que, comme le metteur en scène me le disait après le spectacle, « on aurait pu faire un recueil, ça aurait été plus simple », mais ce qui différencie le recueil de textes d’une lecture théâtralisée des mêmes textes, c’est la présence vivante sur scène, les corps, les voix, les émotions. Et dans ce cas-ci, les relations qui se sont créées entre les artistes-participants d’Entr’acte et leur collaborateur de création. Ne nous leurrons pas, la vie étant ce qu’elle est, ces relations s’effriteront probablement au fil du temps, mais chacun des artistes présents sur la scène du Grand Théâtre le 27 mai dernier, participant d’Entr’acte ou non, sera sorti transformer de cette expérience, et c’est ce dont Hiéroglyphes nous permet d’être témoins.

Carrefour ThéâtreSuite au spectacle, une discussion a eu lieu entre les artistes et créateurs du spectacle et le public, durant laquelle Jean-François Lessard nous invitait à suivre les projets d’Entr’acte, et surtout à aller voir leurs spectacles futurs, invitation que je vous renouvèle, dans l’espoir que vous puissiez, vous aussi, être touché par les imaginaires des participants d’Entr’acte, qui ont trouvé, grâce à l’organisme, une plate-forme pour s’exprimer. Car ils ont quelque chose à dire.

Texte : Samantha Clavet
Photos : Vincent Champoux et Nicola-Frank Vachon

C’est pas terminé!