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CITQ 2015 : My Dinner with André (par Geneviève Caron)

par Émilie Rioux, le 3 juin 2015 | Chéri(e) j’arrive

Le théâtre Périscope s’est transformé en restaurant cette semaine pour recevoir les compagnies belges de Koe et tg STAN. Lundi soir, c’était Thania Goyette et Louis Trudeau, du restaurent Pied bleu qui préparait le repas pour nos deux personnages, Wallace et André, interprété par Damiaan de Schrijver et Peter Van den Eede. Wally est un auteur dramatique qui a de la difficulté à vendre ses textes tandis qu’André est un metteur en scène assez réputé qui a travaillé avec Grotowski et donné plusieurs ateliers. Leur situation, très différente l’une de l’autre, les amène à se positionner différemment sur plusieurs aspects de la vie et sur la place du théâtre.

Au départ, on se demande pourquoi Wallace est allé à ce dîner. Il est incapable de placer un simple mot à travers les phrases, les explications et les anecdotes interminables de son vieil ami. L’acteur profite de cette situation pour la ridiculiser et en rire avec le public. Le rire est d’ailleurs un atout très important, qui nous fait réaliser, au fil de l’avancement des conversations, alors qu’li s’estompe de plus en plus, du sérieux de leurs propos. Malgré le début hilarant, avec les mimiques du comédien Damiaan de Schrijver et les péripéties du personnage d’André, la conversation devient très réflexive et la quête du spiritualisme d’André amènera le Wallace, très terre à terre, à s’affirmer enfin.

Carrefour ThéâtreMy Dinner With André s’orchestre autour d’un objectif assez banale, un repas entre deux amis de longue date qui se retrouvent pour rattraper le temps perdu. Toutefois, le cachet de cette pièce, qui tourne depuis la fin des années 90, réside dans le jeu des acteurs, leur présence sur scène et leur relation avec le spectateur. Même s’il ne mange pas, le spectateur se sent assis à la même table que les deux comédiens. Malgré que la pièce soit très longue (3h30), Damiaan de Schrijver nous ramène régulièrement à la réalité en nous parlant en tant que comédien. Il situe la pièce dans son contexte et dans le temps et il réfère au texte qui traîne sur la table. Ces stratégies ont été très appréciées par les spectateurs, ça nous a aidé à digérer la longueur des monologues et de la pièce.

Entre les odeurs du buffet qui nous ramène au moment présent et les anecdotes qui nous font décollé dans toutes sortes de réflexions, on a réellement l’impression de vivre un moment précieux avec les personnages et ainsi qu’avec les comédiens. Et on a surtout envie, nous aussi, de goûter à toute cette abondance de nourriture.

Texte : Geneviève Caron
Photo : Tim Wouters

C’est pas terminé!