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Clovis : un potentiel à suivre (Critique)

par Émilie Rioux, le 24 août 2014 | Chéri(e) j’arrive

Par Marie-Ève Muller

Clovis se présente comme un spectacle «rock + dans contemporaine». Ce n’est pas exactement ce que les spectateurs ont pu voir les 21 et 22 août au Complexe Méduse. Spectacle créé par le trio Pop Léon et la troupe de danse Errance, Clovis propose une musique plutôt réussie et une chorégraphie plus près du ballet jazz que de la danse contemporaine dans un ensemble agréable, mais manquant de cohérence.

En fait, ce qui fait défaut à Clovis, c’est un fil conducteur. La danse et la musique ne se répondent pas assez. La violence du premier tableau n’est pas motivée. Un spectacle de danse demande, comme tout spectacle avec une fonction narrative, une évolution. Les actes doivent être motivés par l’histoire. Or, il est très difficile de suivre une quelconque progression dans les différents tableaux, tant dans la musique que dans les danses. Le concept de Clovis présente un personnage invisible (absent) qui peut être personnifié par toutes les danseuses, ensemble ou séparément. Pour un spectateur qui n’a pas lu le programme ou les articles liés au spectacle, il est difficile, voire impossible, de comprendre le concept. Cela n’enlève rien à la compétence des interprètes, notamment de la poignante Marie-Chantale Béland.

La musique de Clovis, quand ce ne sont pas des pièces déjà parues sur les EP de Pop Léon, se réinvente, narre, crée une atmosphère. L’apport du saxophoniste Nikolas Stanley-Marceau et du bidouilleur franchement très expressif Simon Tam transportent le spectacle. Par contre, un gros bémol sur la partie rap avec Phil Pierce qui n’est pas intégré réellement au spectacle et qui, encore une fois, manque de motivation dans la progression de la chorégraphie.

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Autre grand problème du spectacle : les voix. Si Sarah Jane Johnston et Tommy Bureau ne chantaient pas, je donnerais aisément une étoile de plus au spectacle. Ce problème apparaît aussi dans Pop Léon, un groupe qui présente une musique solide, variée, texturée, inventive, mais dont les deux voix viennent gâcher l’expérience. Pas que ce ne soit pas de belles voix, non, sauf qu’elles manquent de justesse, ne se marient pas avec celle de l’autre ni avec la musique. En plus, les paroles des chansons, tantôt en anglais, tantôt en français, n’amène rien à l’évolution des personnages.

Il faut souligner le travail exceptionnel de Luc Vallée à l’éclairage, présent et discret à la fois, soutenant et relançant le spectacle. Soulignons également l’effort de Claude Breton à la mise en scène pour intégrer les multiples artistes du spectacle (sont-ils trop sur scène ?).

Clovis a tous les éléments nécessaires pour devenir un opéra rock ou un conte dansé avec quelques remaniements et réajustements. Un large public pour ce type de spectacle existe au Québec, étant donné que tous les fans de Phénomia et autres spectacles à grand déploiement sont rendus à l’âge adulte. Avec un resserrement des liens entre la chorégraphie, une pratique plus grande des danseuses et des ajustements dans la trame son, Clovis pourrait continuer à faire salle comble, et ce, dans des villes où les interprètes ne sont pas connus par presque tous les spectateurs.