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Critique Cinéma – Whitewash : Solitude hivernale

par Émilie Rioux, le 21 janvier 2014 | Chéri(e) j’arrive

Solitude hivernale

par Cyril Schreiber 

Il y a de la neige dans Whitewash, beaucoup de neige : dans la forêt, sur les routes, sur la déneigeuse – objet plus qu’objet important ici – et sur les hommes, surtout. Tant sur Bruce Landry, anglophone alcoolique mal intégré désirant s’éloigner le plus possible de la société, que sur Paul Blackburn, rescapé du suicide et de moins en moins au bout du rouleau, de plus en plus manipulateur et incruste. Les deux se rencontreront dans des conditions particulières, et hivernales, et leur destin en sera définitivement scellé. Le premier tuera le second avec sa petite déneigeuse – ce n’est pas un scoop, c’est au début du long-métrage. Accident ou meurtre ? Là est la question. Des flashbacks judicieusement placés nous montrerons leur relation amitié/haine, mais grâce à un montage particulièrement efficace et ambigu, « l’intrigue » ne se développe pas en ordre chronique mais distille quelques petites surprises au spectateur, conscient d’assister à un premier film, celui d’Emanuel Hoss-Desmarais, tout à fait original.

Si Marc Labrèche, qui incarne Paul Blackburn, remplit son rôle à merveille sans en faire des tonnes, c’est surtout Thomas Haden Church, révélé dans Sideways, qui tire son épingle du jeu, lui qui personifie Bruce Landry : omniprésent à l’écran, tournant en rond dans son labyrinthe physique et psychologique de culpabilité où il est son propre bourreau, seul comme un chien, Haden Church « crève » l’écran avec retenue et force à la fois.  « All I need is some sunshine » chante Timber Timbre, Taylor Kirk, dès que le générique commence : Bruce aussi, mais pas le spectateur.

 

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