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Entre chien et loup : critique d’Amour chien fou d’Arthur H

par Cyril Schreiber, le 16 juin 2018 | Chéri(e) j’arrive, Critiques musicales

4 ans qu’on n’avait pas eu de nouvelles discographiques d’Arthur H : Soleil dedans, enregistré à Montréal, datait de 2014. Cette fois-ci, il revient deux fois plutôt qu’une, avec son premier double album studio composé de chansons originales, Amour chien fou.

Le disque se décline donc en deux facettes, puisque l’homme est double : Amour, dans un premier temps, « loup doux », puis Chien fou par la suite. Si les chansons de la première partie sont calmes, plus longues et atmosphériques (Lily Dale symphonie, La dame du lac), celles de la seconde partie sont plus rythmées, vivantes, réveillées.

Amour chien fou a été élaboré lors d’un tour du monde, un voyage autour du globe avec différentes étapes, réalisé avec sa compagne Léonore Mercier, créatrice et modeleuse de sons, qui signe ici et là paroles ou musique, en plus de quelques programmations. Enregistré durant l’été 2017 à la Maison de la Poésie à Paris, mixé par le fidèle Jean Massicotte et masterisé à Montréal, on y retrouve parmi les nombreux musiciens le complice de longue date Nicolas Repac, aux guitares envoûtantes et samples toujours à propos.

À travers ses textes imagés, poétiques, et ses mélodies tantôt vaporeuses, tantôt entraînantes, le fils de Jacques Higelin poursuit sa quête de l’amour idéal, de la conquête amoureuse sans cesse renouvelée.

On pourra reprocher à cette nouvelle cuvée son caractère hétéroclite, une abondance foutraque avec quelques moments plus faibles. Mais il ne faudrait pas que cette profusion pas toujours heureuse occulte les plus belles pépites, à (re)découvrir lors d’écoutes subséquentes : Sous les étoiles de Montréal, hommage double à Lhasa et Leonard Cohen, Inversion mélancolique et Moonlove fantaisie pour la première partie, Brigade légère (où il rend un bel hommage à tout son entourage), Il-elle (sur l’ambiguïté sexuelle, d’actualité) ou la chanson-titre, fleuve de 9 minutes à plusieurs rythmes et dynamiques, pour la seconde.

Il sera intéressant de voir la déclinaison scénique d’Amour chien fou, dont on attend impatiemment les dates par chez nous, qui devrait nous amener encore une fois dans des transes nocturnes à la fois intimes et collectives comme seul Arthur H sait en produire.

Cyril Schreiber

Le site officiel et la page Facebook d’Arthur H.

Les clips de La boxeuse amoureuse, de Tokyo kiss et de Moonlove fantaisie.


En spectacle :

Courte tournée québécoise en ce mois de juin pour Arthur H : après Val Morin et avant les Francofolies de Montréal, le chanteur français venait défendre les chansons d’Amour chien fou au Grand Théâtre de Québec vendredi soir, dans une salle Octave-Crémazie relativement peu remplie mais ô combien enthousiaste.

Les nouvelles chansons occupaient le coeur du spectacle, et la majorité ont réussi l’épreuve de la scène : parmi les plus beaux moments, notons La dame du lac (avec ses éclairages bleutés), La boxeuse amoureuse ou encore Moonlove fantaisie. Quelques anciens morceaux, classiques de son répertoire, étaient aussi au programme, dans des versions revisitées : Est-ce que tu aimes ?, La lune, une délirante version de Ma dernière nuit à New York City, etc. On en aurait même pris plus.

Comparant le spectacle à un voyage au centre de la Terre, Arthur H, accompagné de son fidèle complice Nicolas Repac (guitare et autres instruments) ainsi que du batteur Raphaël Séguinier, a ainsi alterné entre ballades intimistes et séances survoltées de délires, d’explorations sur lesquelles danser – dans les deux cas, des versions souvent rallongées fort réussies. On aurait préféré un Arthur H limite moins racoleur avec son public (surtout quand il le force à chanter la mélodie après la dite chanson…), mais pas moins généreux : pendant près de 2 heures, le fils de (dont on aurait aimé entendre une reprise en guise d’hommage) aura prouvé, même avec ce spectacle aux différents tempos parfois pas toujours bien agencés, qu’il reste une redoutable bête de scène… et qu’il aime le Québec sincèrement. C’est réciproque.

La setlist ici.

Cyril Schreiber