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Critique d’Architecture du printemps à Premier Acte

par Émilie Rioux, le 17 mars 2016 | Chéri(e) j’arrive

par Leïka Morin

Vincent (joué par Olivier Lépine) peine à se remettre de sa rupture amoureuse, se pardonner les fautes de son passé, et laisse sa vie dégringoler jusqu’à abandonner sa passion : le documentaire. Dehors, un peuple se réveille dans des cris de revendications et des bruits de casseroles. Les rues bourdonnent d’étudiants qui espèrent des changements politiques et sociaux. Paul (joué aussi par Olivier Lépine) marche également sur les trottoirs; il patrouille presque tous les soirs et s’assure que les manifestations ne se transforment pas en chaos.

Ravivé par ce mouvement social, Vincent recommence à filmer. Puis, une opportunité se présente : réaliser un documentaire sur Van Gogh à Amsterdam. Il y découvrira la vie du peintre, ponctuée de périodes difficiles, mais également remplie de couleurs vives. Puis, il rencontrera Paul, en congé forcé par son travail, qui est là pour admirer les champs de tulipes en Hollande. Tous ont un point commun : l’amour du beau.

Les années ont passé depuis le printemps érable, suffisamment du moins pour aborder ce mouvement historique avec une perspective éloignée, plus nuancée.

Notons d’abord le travail d’écriture d’Olivier Lépine, remarquable par le jeu installé entre le silence et la parole, qui est primordial à la visualisation des personnages absents sur la scène. Ce rapport est juste et stimulant pour le spectateur, à l’affût de l’histoire qui se construit devant lui.

Hormis quelques longueurs, la mise en scène est fluide, enrobée par l’univers musical de Josué Beaucage qui, encore une fois, réussit à nous envoûter avec sa sensibilité unique. Entre les projections d’œuvres d’art et les extraits vidéo des manifestations étudiantes, la brochette de personnages se dévoile de façon surprenante, à travers une scénographie ingénieuse. En effet, l’utilisation de bouteilles de verre, qui semblent être synonymes du niveau de souffrance, ou de folie, des personnages, ou encore de blocs de bois polymorphes témoignent de la créativité des concepteurs.

Étonnamment, nous en apprenons davantage sur la vie du célèbre peintre par l’entremise de Vim, guide passionné au musée d’Amsterdam, que par le personnage de Van Gogh, dont l’interprétation est d’ailleurs moins bien soutenue. Cela dit, on ne peut s’empêcher de noter le talent certain et la minutie de Lépine, qui a relevé le défi, haut la main, de porter tous les chapeaux dans la pièce.

Enfin, le titre dévoile tout son sens durant la dernière scène, lorsque nous comprenons que la beauté est là, même si on ne la voit pas toujours. Et que, malgré les erreurs, on a tous le droit de respirer à nouveau.

Soyez témoin de l’accomplissement magistral du travail de la compagnie Portrait-Robot à Premier Acte, jusqu’au 2 avril 2016.