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Critique de La causerie musicale de Michel Fugain (Grand Théâtre de Québec)

par Cyril Schreiber, le 16 février 2019 | Chéri(e) j’arrive

Au rayon des artistes français qui aiment et fréquentent régulièrement le Québec, Michel Fugain fait un peu figure de parrain : que ce soit avec le Big Bazar, en solo ou plus récemment avec son groupe Pluribus (de passage au Festival d’été de Québec 2017), le chanteur français a parcouru en long et en large nos routes enneigées ou ensoleillées depuis 1969.

Cette fois-ci, c’est depuis la fin janvier qu’il se promène aux quatre coins du Québec pour présenter sa Causerie musicale, un spectacle hybride dans lequel Fugain chante… mais raconte surtout de grands pans de sa carrière. Le concept se déploie autour de quatre paroliers à qui il rend hommage chronologiquement : Pierre Delanoë, Maurice Vidalin, Claude Lemesle et Brice Homs. Le chanteur français était accompagné pour l’occasion de trois musiciens et d’une choriste, sa femme Sanda.

Crédit : Christophe Toffolo

La petite salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec, vendredi soir, fut donc le théâtre de la rétrospective d’une des carrières les plus admirables de la chanson française populaire, au sens noble du terme. Dans une ambiance à la bonne franquette, avec une gouaille typiquement française, Michel Fugain a ainsi raconté plusieurs anecdotes concernant la création de ses grands succès, fabriqués avec ses amis paroliers très différents les uns des autres. Il a aussi donné son avis (parfois sans qu’on lui demande) sur la société actuelle, sur la jeunesse d’aujourd’hui, sur le fait d’être créateur de chansons en 2019, etc.

Malgré un structure parfois lourde (2 heures 15 sans entracte) et un Fugain qui s’est souvent perdu en digressions et dont la voix n’était pas toujours juste, écouter ce formidable conteur, véritable acteur majeur de la chanson français, fut un réel plaisir pour les oreilles et le cœur. Quant aux chansons à proprement parler, anciennes ou plus récentes, elles furent nombreuses mais souvent présentées dans des versions écourtées, parfois même sous forme d’extraits. Ce défaut fut compensé par leur abondance et leur sélection : tous les grands tubes furent à peu près entendus, et l’on a pu constater que son répertoire ne se limite pas aux chansons parfois naïves du Big Bazar.

La causerie musicale, dont on redoutait un peu la forme, s’avère être une belle surprise que seul Michel Fugain, peut-être, peut se permettre : son bagage et son expérience, ainsi que ses nombreux succès, lui donnent la légitimité d’offrir un spectacle un peu différent de la moyenne. Rafraîchissant.

La causerie musicale est encore présentée au Grand Théâtre samedi soir (déjà complet) et se termine le 1er mars à Amos.

Le site officiel de Michel Fugain et la setlist du concert.

Cyril Schreiber