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Critique du spectacle de Michel Faubert au Théâtre Petit Champlain

par Cyril Schreiber, le 1 février 2019 | Chéri(e) j’arrive

On ne répétera jamais assez à quel point Michel Faubert est précieux pour la culture québécoise : que ce soit avec ses contes, ses albums de chansons ou en tant que membre des Charbonniers de l’enfer, il se donne pour mission perpétuelle d’honorer le folklore, le patrimoine, de prêter sa voix pour que les histoires des anciens arrivent jusqu’à nous, en 2019.

Courtoisie Maison des arts de la parole

Le chant du silence, son spectacle de jeudi soir dans un Théâtre Petit Champlain rempli, en est un autre exemple frappant : seul sur scène, Faubert s’attarde ici aux complaintes, chantées a cappella, projecteur sur un autre monde, celui des esprits, des légendes. Au contraire des chansons à boire ou à répondre, le ton est ici intime, chaleureux, personnel, bien souvent tragique mais sans psychologie aucune. Le chanteur québécois les a lui-même appris de “vieux” ici et là, que ce soit lors d’un stage à son adolescence dans son coin de pays de la Montérégie, ou au fil des années, au Québec et au Nouveau-Brunswick, ces titres ayant souvent été chantés par et pour soi-même, en travaillant notamment.

C’est aussi probablement son spectacle le plus personnel, car il y raconte justement le début de sa vie, son enfance, son adolescence, ses premiers contacts avec cet univers caché mais fécond. Avec humour et émotion, il entremêle à ces complaintes tranches de vie, préambules, extraits de poèmes significatifs, mais aussi chansons “païennes” (Black Sabbath, Léo Ferré) qui font le lien entre hier et aujourd’hui, toujours avec perspicacité. Le public de Québec, qui a eu droit à une riche discussion post-spectacle, a ainsi pu pendant une soirée se (re)connecter à cet univers, développer son pouvoir d’imagination et aura peut-être le goût, qui sait, de le transmettre à son tour à son entourage.

En première partie, une autre “vieille âme” est venue offrir une petite fenêtre de son univers : Monsieur Mono, le projet de chansons tristes d’Éric Goulet, ami de Faubert. Assis derrière son piano, ce dernier a chanté cinq chansons dans leur plus simple appareil, majoritairement issus de son plus récent disque, Le grande nulle part, qui figure sur bon nombre de palmarès de musique québécoise en 2018. Un avant-goût alléchant dont on aimerait bien voir la version complète sur scène, avec musiciens, pourquoi pas. En tout cas, ceux qui ne connaissaient pas Monsieur Mono ont probablement été conquis par la beauté de ses chansons, tristes mais sincères.

Setlist de Monsieur Mono et celle de Michel Faubert.

En rappel, la critique de l’album de Monsieur Mono.

Cyril Schreiber