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Critique du spectacle de Safia Nolin au Grand Théâtre de Québec

par Cyril Schreiber, le 21 octobre 2018 | Chéri(e) j’arrive, Critiques musicales

Crédit : Caraz Square

Ça se passait un samedi frisquet d’automne, au Grand Théâtre de Québec. Il y a eu d’abord Stéphanie Boulay, “moitié blonde” des Soeurs Boulay mais “personne à part entière”, qui venait présenter six des chansons de son futur premier album, Ce que je te donne ne disparaît pas, à paraître le 2 novembre prochain. Accompagné d’Alex McMahon au piano (et Guillaume Chartrain au son), la Gaspésienne a su convaincre avec ses nouvelles pièces plus personnelles, inscrites dans un seul credo (les relations amoureuses/amicales) mais déclinées sur plusieurs styles : tendre, plus rythmé, triste, etc. Un avant-goût fort prometteur !

Puis il y a eu ensuite la vedette de la soirée, une chanteuse qui continue à faire couler beaucoup d’encre et qui ne laisse pas indifférent, Safia Nolin. Devant un public conquis d’avance, la native de Québec (Limoilou represent) venait défendre les chansons de son deuxième album original, Dans le noir, paru il y a quelques semaines.

Flanquée de son fidèle guitariste Joseph Marchand, avec qui elle partage une complicité hors du commun et sympathique, Nolin aura proposé au public du GTQ deux spectacles en un. D’une part, une mise en scène élaborée, avec décors en miroirs et jeu de lumières souvent à propos, où la chanteuse usait de mille petites trouvailles originales (chanter dans le noir, de dos, changer de position, s’accompagner d’extraits audio, etc.) pour transcender l’expérience et réussir son coup de proposer, peut-être, quelque chose d’un peu différent de la normale.

D’autre part, une performance sans chichis, naturelle, ponctués d’accordages de guitare et d’interventions spontanées souvent sans queue ni tête, parfois amusantes, parfois malaisantes… sans oublier ses fameuses reprises de succès populaires anciennement raillées (ici, Loadé comme un gun d’Éric Lapointe et Belle), maintenant encensées grâce au filtre magique Safia Nolin.

L’un ou l’autre de ses aspects, franchement assumé, n’aurait eu aucun impact sur la soirée; la combinaison des deux aura au contraire peut-être déboussolé les moins fans finis des spectateurs, ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, reconnaissent son talent mais ne sont pas prêts à crier au génie, déplorent une certaine nonchalance et une prononciation parfois douteuse. Chassez le naturel, il reviendra toujours au galop – pour le meilleur et le pire.

La setlist ici.

Cyril Schreiber