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CHYZ Arts

Critique du spectacle d’Ingrid St-Pierre (Grand Théâtre de Québec)

par Cyril Schreiber, le 7 avril 2019 | Chéri(e) j’arrive, CHYZ ARTS, Critiques musicales

Après plus d’un an de pause, notamment pour élever son fils, Ingrid St-Pierre revenait sur le devant de la scène en janvier dernier avec Petite plage, son quatrième album. La tournée qui en découle passait par le Grand Théâtre samedi soir, un endroit qu’elle connaît bien pour y avoir été programmé près d’une douzaine de fois au fil des années.

Devant une salle Octave-Crémazie complète, qui lui a d’ailleurs réservé une belle ovation spontanée en cours de route, la chanteuse de Cabano a ainsi présenté ses nouvelles chansons, ainsi que quelques plus vieilles, parfois dans un nouvel habillage vaguement (et trop peu) electro, dans lequel sa voix, son piano, étaient doublés, amplifiés, un filon musicalement intéressant mais pas assez exploité. Rien, donc, pour désarçonner ses fans : on naviguait dans le même univers, avec les mêmes repères, les mêmes frontières, à la différence qu’elle chante parfois debout derrière son Mellotron, fait à noter. Dommage, car c’était là une belle occasion de varier son répertoire, d’élargir son horizon musical.

Dans ce spectacle dont la deuxième partie était meilleure, plus variée, que la première, le public a eu droit à quelques bons moments de St-Pierre et ses musiciens (Mathieu Désy, Laurie Torres et Camille Paquette-Roy) : l’utilisation inusitée mais à propos d’un harmonium sur L’éloge des dernières fois, une reprise d’une chanson méconnue de Francis Cabrel intimement liée à sa grand-mère (Elle écoute pousser les fleurs), une version unplugged au ukulélé des Épousailles au milieu de la foule (et juste à côté de l’auteur de ces lignes), ou encore ces deux-trois chansons écrites avec d’autres (Stéphanie Boulay, Samito), dont Sorbet collant, qui proposent des textes différents, avec des angles nouveaux.

Car s’il est vrai que la pianiste parle beaucoup de son fils dans ses nouvelles chansons, les paroles de celles-ci ressemblent à ses premiers faits d’armes, où sa jeunesse pouvait excuser une certaine naïveté. On rêve du jour où sa musique, ses textes, seront un peu moins propres, moins sages. En attendant, Ingrid St-Pierre a trouvé son créneau, son public, et l’histoire d’amour ne semble pas vouloir s’éteindre…

Petite plage sera de nouveau présenté au Grand Théâtre, en supplémentaire, le 26 octobre prochain.

Le site officiel d’Ingrid St-Pierre, son Bandcamp, la setlist du spectacle.

Cyril Schreiber