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Critique Littéraire: Veiller la braise de Sara Lazzaroni

par Émilie Rioux, le 21 janvier 2016 | Chéri-e j’arrive

par Cyril Schreiber

Sara Lazzaroni
Veiller la braise
Leméac

2015

Amour(s)

Après le remarqué Patchouli, la jeune auteure Sara Lazzaroni récidivait lors de la dernière rentrée automnale, toujours chez Leméac, avec Veiller la braise, un récit intime dont la petite musique peut-être banale reste douce et agréable à l’oreille.

Un couple, lui et elle, sans qu’ils ne soient jamais identifiés. Ils se rencontrent dans la librairie où elle travaille. C’est le coup de foudre, mais un coup de foudre qui se prolonge, qui se perpétue. Le lecteur suit leurs premiers moments et la fabrication de leur couple, d’une manière originale : l’un et l’autre se font alternativement narrateur de leur propre histoire, allant jusqu’à raconter parfois la même scène selon leurs points de vue différents, un procédé certes déjà-vu mais toujours efficace.

Sara Lazzaroni Creědit Valeěrie ArsenaultLe temps passe, trop lentement : les années de jeunesse s’étirent, prennent trop de place. Ces deux-là deviennent parfois (souvent) agaçants dans ce qu’ils (s)ont de postmoderne. On préférera, malgré les grandes ellipses dans l’histoire, le dernier tiers du roman consacré à la vie familiale, touchantes pages où le bonheur s’est multiplié grâce aux enfants, au chien, à la campagne charlevoisienne. Lui et elle vivent, vieillissent, évoluent. Au final, un semblant de message : il n’y a rien de plus naturel et sain que l’habitude du quotidien avec ses petites joies et ses petits malheurs.

Ainsi se déploie l’histoire d’un amour, des différents visages de cet amour, avec ses multiples définitions, doublée d’une réflexion sur le temps qui passe. Il y a indéniablement un talent d’écriture et de conteuse chez Sara Lazzaroni, Veiller la braise le prouve à nouveau : sans être flamboyant, son style littéraire est efficace et effacé, tandis que se dessine délicatement en trame de fond l’histoire qu’elle veut raconter. Il faudra définitivement surveiller ses prochaines parutions, en espérant qu’elle osera explorer des avenues littéraires plus risquées.