Blogues

Daniel Lavoie – Mes longs voyages

par Cyril Schreiber, le 22 septembre 2016 | Chéri(e) j’arrive, Critiques musicales

Fiche d’écoute par Cyril Schreiber

Qui

Daniel Lavoie, le chanteur franco-manitobain au départ, québécois d’adoption, à la carrière qui impose le respect, notamment connu pour son rôle de Frollo dans Notre-Dame de Paris.

QuoiMes longs voyages

Mes longs voyages, son 24ième (!) album, qui a mis du temps à voir le jour à cause d’une infection pulmonaire, qui paraît 5 ans après J’écoute la radio et 2 ans après La licorne captive, un projet musical avec Laurent Guardo.

De quoi ça parle ?

Peut-être le dernier album de Lavoie, Mes longs voyages propose une réflexion sur le voyage qu’est la vie (de l’enfance à l’âge adulte) ainsi que sur la condition humaine, et ce dans un mélange de nouvelles chansons et de reprises. Le tout est joué de manière organique, avec de vrais instruments et de vraies voix, sur des mélodies typiques de leur auteur et des textes personnels où il évoque son Manitoba natal, ainsi que quelques membres de sa famille, dont son grand-père et sa mère.

Qui l’accompagne ?

Guy St-Onge, qui a joué la plupart des instruments et signé la réalisation depuis son Isle-aux-Coudres résidentielle. Son fils Joseph Dubuc-Lavoie, qui a créé les ambiances sonores oniriques du titre d’ouverture (Baby boom) et de clôture (Stixx) de l’album.

upLes plus

La cohérence du disque, qui s’écoute du début à la fin attentivement. Les reprises personnalisées de chansons connues ou méconnues (Léo Ferré, Alain Bashung, Allain Leprest, Félix Leclerc), qui n’ont pas été choisies par hasard. Les arrangements des cuivres mariés à la voix intacte de Lavoie, dont le propos reste encore et toujours pertinent.

downLes moins

Une ou deux chansons moins marquantes, trois fois rien donc.

OuĚ la route meĚne

À lire

À écouter

Où la route mène, double compilation de 2008 à laquelle s’ajoute un DVD de ses clips.
J’écoute la radio, précédent album (2011), où Lavoie revisite ses chansons, seul, en duo (avec notamment Louis-Jean Cormier ou Catherine Major) ou trio (avec ses amis Renaud et Robert Charlebois).

 


Le spectacle, présenté avant la première montréalaise de Montréal en lumière au Grand Théâtre le 23 février dernier, fut à la hauteur des attentes. Daniel Lavoie, muni d’un micro casque sans fil lui permettant d’être plus libre, a plongé en première partie dans son nouveau répertoire, chantant la quasi intégralité de Mes longs voyages, n’hésitant pas à raconter quelques anecdotes personnelles entre deux titres, drôles ou émouvantes, notamment à propos de sa mère. Et ses reprises récentes, La nuit je mens et la pièce-titre en tête, s’incorporaient tout aussi bien sur scène que sur disque.

La deuxième partie fut consacrée à ses tubes, réarrangés efficacement pour l’occasion souvent de manière jazzée, sans qu’aucun grand succès ne manque vraiment à l’appel. Le tout livré par une bande de musiciens aguerris alignés en arrière-plan (dont son fidèle complice Marc Vallée à la direction musicale et non pas un mais trois cuivres) et magnifié par les projections significatives et les éclairages scintillants. Acclamé à juste titre par son public, c’est un Daniel Lavoie ravi qui a donné l’un des meilleurs spectacles de l’année (déjà !), où la grande qualité de son répertoire (ancien et récent) a de nouveau été mis à l’avant-plan. Le public aura l’occasion de (re)voir ce magnifique spectacle en mai 2018, toujours au Grand Théâtre.

Cyril Schreiber

Auteur : Cyril Schreiber