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Critique de « Marée haute » d’Émile Proulx-Cloutier au Grand Théâtre de Québec

par Cyril Schreiber, le 7 avril 2018 | Chéri(e) j’arrive, Critiques musicales

Le grand public connaît le comédien Émile Proulx-Cloutier (actuellement dans La Bolduc), mais celui-ci est aussi, et peut-être avant tout, chanteur. Ses deux passions se combinent sur scène, et cette nouvelle tournée qui suit Marée haute, son deuxième album, en est la preuve flagrante – le public a pu pleinement le mesurer lors de la première des deux représentations au Grand Théâtre de Québec vendredi soir, dans une salle Octave-Crémazie bondée.

Accompagné de 4 musiciens (dont deux multi-instrumentistes, qui jouent jusqu’à 3 ou 4 instruments dans une même chanson, ce qui n’a pas toujours permis une bonne exécution), le fils des acteurs Raymond Cloutier et Danielle Proulx nous a embarqué dans son univers élégant et sensible, avec ce nouveau spectacle à la fois très réfléchi par les éclairages, les décors, les ambiances, et très broche-à-foin par moments, symptôme inévitable du caractère bouillonnant de son principal protagoniste.

2 heures 50 de musique, d’histoires, de slam, de poésie, d’arrangements sublimes (violon, clarinette, violoncelle) ou plus discutables, d’interventions bavardes mais souvent pertinentes, d’anecdotes croustillantes sur Staline ou Marie-Antoinette, une première partie plus grave et plus longue, une seconde plus (voire trop) légère, un dialogue constant avec la foule… On ne pourra reprocher à Proulx-Cloutier sa abondance, sa sincérité… ce qui en fait aussi sa faiblesse, son talon d’Achille. Sympathique mais un brin assommant à la longue, les petits défauts de celui-ci ne gâchent en rien son talent de parolier et de mélodiste.

Il faudra (ré)écouter Marée haute sur disque pour en saisir les nuances, le plein potentiel. Sa déclinaison scénique nous fait passer un bon moment rempli de chansons touchantes qu’il nous tarde d’adopter, mais la bouchée est peut-être trop généreuse pour être avalée sans s’étouffer…

La setlist ici.

Cyril Schreiber