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Esmerine au Cercle – Un espace pour rêver

par Chroniqueur CHYZ, le 12 novembre 2015 | Chéri(e) j’arrive

Par Marie-Ève Muller

Fiers de leur nouvel album Lost Voices paru en octobre dernier, les cinq membres du groupe Esmerine ont amené dans leur caravane musicale le public clairsemé, mais attentif du Cercle vers les contrées du rêve. Finesse, précision et beauté qualifient bien ce spectacle instrumental.

Esmerine est un groupe montréalais actif depuis 2001 qui fait une musique difficilement catégorisable. Il se situe entre la musique de chambre et le post-rock, là où le mariage entre le violoncelle et le marimba (xylophone de bois) est permis. Simplement eux sur scène (sans projection ni trip d’éclairage), le quintette a offert un spectacle à écouter les yeux mi-clos.

Le concert s’est ouvert sur la pièce «  The Neighbourhoods Rise  », le premier extrait de l’album, une pièce toute en douceur qui met en valeur les talents de violoncelliste de Beckie Foon (Saltland, ex-Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra), une des deux membres fondatrices d’Esmerine. Son comparse des débuts, Bruce Cawdron (Set Fire to Flames, ex-Godspeed you! Black Emperor), y jouait du marimba et a même tâté de l’archet sur les touches de bois de son instrument, faisant vibrer l’imposant xylophone pour un effet envoûtant. À un autre moment, Cawdron jouait de l’archet sur les cymbales de Jamie Thompson (The Unicorns, Saltland, Island). Inventive, l’équipe!

De voir les musiciens changer d’instruments entre les pièces le temps que Foon ou Cawdron adresse quelques mots en français à la foule faisait partie des petits plaisirs du spectacle. C’est que chacun joue d’au moins deux instruments dans la soirée. Si sur l’album, c’est Sophie Trudeau qui joue le violon comme une virtuose, le rôle a été assumé avec brio par Brian Sanderson (qui joue aussi de la trompette et de la trompette de poche, le tout passant dans quelques pédales pour des effets surprenants). À la contrebasse, avec ou sans archet, et à la basse, Jérémi Roy a assuré une présence magnifique.

esmUne belle cohésion se dégage des musiciens, on sent leur complicité dans leurs regards. Le visuel est somme toute statique, mais le jeu des doigts sur les cordes ou les touches captive les yeux.

Trois bémols à la soirée  : le choix de la première partie, l’absence de chaises au parterre et le fait que le groupe a joué pratiquement l’album dans son ordre. N’empêche, les musiciens y ont insufflé un dynamisme particulier. À propos de la première partie, Millimetrik, un des piliers musicaux de la ville de Québec, a offert une belle performance seul sur scène, en jouant de la batterie tout en mixant, mais l’électro ne semblait pas être la musique qui mettait le mieux en valeur ce qui allait suivre. Il a néanmoins su offrir une performance qui a fait danser quelques aventurières de la piste de danse, ce qui n’est pas rien.

Le spectacle a donc été un voyage musical introspectif, pas seulement langoureux. L’interaction discrète, mais sincère avec la foule a été appréciée et les applaudissements du public en ont témoigné.

Pssst: Si vous voulez écouter une prestation enregistrée d’Esmerine, vous pouvez cliquer ICI.