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Le FEQ ’16 d’Émilie Rioux

par Émilie Rioux, le 20 juillet 2016 | Chéri(e) j’arrive, Sur la route

La dernière édition du gigantesque Festival d’Été de Québec s’est terminé hier, sous les salves d’applaudissements des ses foules multiples, aux quatre coins de la Capitale. Difficile d’être indifférent devant un événement aussi intense; c’est pourquoi nous vous présentons nos instants mémorables de la dernière édition. Quels seront les vôtre?

The Tallest Man on Earth : Guitar Hero acoustique

La barre était haute pour la première visite du suédois Kristian Mattson dans la ville de Québec. Pour preuve, la file d’attente semblait interminable sur la rue St-Joseph, malgré l’averse persistante qui martelait la tête des spectateurs désireux d’assister à la performance de The Tallest Man on Earth à l’Impérial Bell. Armé de ses très nombreuses guitares (une pour chaque chanson, littéralement), le virtuose de la 6 cordes n’a pas déçu le public, qu’il tenait dans la paume de sa main tout au long de la soirée. Accompagné d’une solide troupe de musiciens, il a séduit l’Impérial en quelques chansons, parcourant sans relâche la scène de long en large avec une intensité rarement égalée.

Seul en scène pendant un long segment du spectacle, enchaînant ses pièces les plus connues (Love is All, The Gardener, King of Spain) revisitée de manière plus intime, Mattson s’est amusé à jouer en crescendo et decrescendo, testant la qualité d’écoute de la salle. La prestation du plus petit grand homme de la terre fût, pour plusieurs, un moment de grâce dans un samedi grisonnant.

28158821811_1313aedc05_bCanailles : r’virer dimanche de bord

Difficile contrat pour la joyeuse bande Canailles, qui devait succéder au blues-rock de Brian Fallon, après que le public de ce dernier soit majoritairement parti se coucher, et que la grande salle de l’Impérial peine à se remplir au compte-goutte pendant le changeover. Heureusement, la formation folk de Montréal a pu compter sur un parterre enthousiaste, qui n’a pas hésité à sauter, slammer, danser et chanter bien fort ses chansons fêtardes. C’est une évidence, le groupe partage une complicité contagieuse sur scène, de même qu’un sens du rythme qui provoque le party et donne immanquablement le goût de les revoir encore et encore.

13700041_10154206771977211_838126535766821704_nJuly Talk : irrévérencieuse découverte

Sans doute LA découverte la plus déjantée de l’imposante Scène Bell, qui précédait la performance attendue des Red Hot Chili Pepper. Devant une foule déjà très dense, le groupe torontois ont montré à la vieille Capitale de quel bois ils se chauffaient. Le tandem formé des chanteurs Peter Dreimanis et Leah Fay provoque des étincelles et arrive à captiver l’attention du public, de sorte qu’on se retrouve rapidement à hocher de la tête sur les riffs rock de July Talk. Sur une scène pleinement investie, Leah Fay a déployé toute sa folie, s’improvisant funambule sur les clôtures de foule pendant plusieurs chansons. La barre était haute pour le reste de la soirée, et aucun groupe n’a réussi à égaler l’énergie flamboyante de July Talk…ou presque!

Rammstein : redéfinir le « spectaculaire »

Ce n’est pas les multiples jets de feu, qui furent les plus impressionnants pendant la mythique performance multi-techniques de Rammstein, qui clôturait la 49e édition du FEQ. C’est plutôt l’habileté intrigante de Till Lindemann, le leader de la formation allemande, à transporter d’un coup 10 000 spectateurs dans un univers parallèle, de sa seule présence sur scène. Sans un seul faux pas, il incarne successivement des personnages à la folies débordante, scandant les hymnes rassembleurs de Rammstein tout au long de l’imposant spectacle. Le vaste espace scénique, « subtilement » enveloppé de fumée, accueille également un dispositif lumineux savamment étudié, habillant les Plaines d’Abraham de nouveaux habits à chaque scène/chansons. Mention spéciale à la poésie violente de la ceinture d’explosifs ainsi qu’à la métaphore finale d’Icare, brûlant ses ailes au-dessus de la mêlée.

C’est donc avec une flamboyante leçon de théâtre, à la fois faite de finesse et d’excès, que le Festival d’Été de Québec s’est clôt le 17 juillet 2016. Une soirée inspirante, pour une édition mouvementée d’un événement qui fêtera son demi-siècle l’an prochain. 

Merci et à l’an prochain!