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FIMAV #32 – Jour 2

par Émilie Rioux, le 21 mai 2016 | Chéri(e) j’arrive, Sur la route

Un texte de Éloïse Lara Desrochers et Sophie Dufour-Beauséjour
Crédit photo : Martin Morissette

Coup de coeur pour la programmation du vendredi 20 mai 2016 ! Le directeur général et artistique Michel Levasseur et son conseiller à la programmation François Couture ont proposé un enchaînement impeccable pour cette journée qui nous a portées de la contemplation à l’exaltation.

14h / Les trois tubistes de Microtub (Norvège et Angleterre) nous ont offert une puissante séance de méditation collective renforcée par l’aménagement de la salle. Le trio s’est installé au centre d’un cercle formé par l’auditoire. Une introduction toute en douceur à l’exploration musicale qui nous a poussées à être attentives aux subtilités des sons produits par le tuba microtonal, instrument développé en 2009 par Robin Hayward. Le spectacle mettait parfaitement la table à cette deuxième journée de concerts.

16h / La journée s’est poursuivie avec Bérangère Maximin qui nous a présenté des pièces tirées de son cinquième album à paraitre. Dans une suite logique à la zénitude de Microtub, bien que contrastant avec l’acoustique offert par ces derniers, Maximin nous a plongées dans des paysages électroniques déclinés en quatre tableaux. Les deux premières pièces relevaient du drone, séquences répétitives et enveloppantes, tandis que les deux dernières tenaient plus du noise avec l’utilisation de bruits d’insectes, de chaînes et autres éléments.

20h / La soirée s’est ouverte avec une immersion dans le processus créatif des improvisateurs de l’ensemble Supermusique (Montréal) et du GGRIL (Rimouski) dirigés par le guitariste, improvisateur et chef d’orchestre Olivier Benoit (France). Véritable tour de force que de créer une telle synergie entre ces deux ensembles. Chapeau à la précision, à l’écoute et à la générosité des musiciens. Pendant plus d’une heure, Benoit s’est affairé à nous a tenir en haleine en conjuguant de grandes envolées puissantes à des moments tout en retenue.

22h / L’avant-dernier spectacle du vendredi était celui de la chanteuse inuite Tanya Tagaq (Nunavut) qui a ébahi la foule réunie au Colisée de Victoriaville. Ayant charmé le public avant même de débuter sa performance, Tagaq s’est lentement laissée porter par ses acolytes Jean Martin à la batterie, Jesse Zubot au violon ainsi que Bernard Falaise à la guitare électrique. Soulignons d’emblée la complicité entre Tanya Tagaq et le sonorisateur Peter Kadelbach. Imprévisible, la performance était pourtant d’une cohérence déconcertante pour une improvisation. Mention spéciale au Element Choir, complété pour l’occasion de gens de la région et dirigé par Christine Duncan, dont le travail a sublimé l’univers de Tagaq. L’intensité qui l’habitait touchait le spectateur peu importe sa familiarité avec la musique actuelle. Le concert s’est terminé sur une envolée de Tagaq où sa pratique avant-gardiste des chants de gorge s’est déployée dans toute sa richesse. On comprend tout à fait les raisons pour lesquelles elle fût la récipiendaire du prix Polaris en 2014.

FIMAV #32 - Tanya Tagaq and The Element Choir

FIMAV #32 – Tanya Tagaq and The Element Choir

 

Minuit / Nul n’attendait le concert de FET.NAT avec autant d’impatience que vos reporters de CHYZ. Présentée en collaboration avec votre radio bien-aimée, la formation de Hull nous a offert un beau survol de leur corpus. Il fallait être festives et décontractées pour apprécier la proposition, d’où la réception mitigée chez les habitués du FIMAV. Peut-être était-il un peu trop tôt dans la fin de semaine ? Quoi qu’il en soit, ceux qui attendaient FET.NAT n’ont certainement pas été déçus. Les musiciens ont même su convaincre quelques sceptiques. Somme toute, nous demeurons convaincues qu’il était judicieux de les inviter à cette trente-deuxième édition du FIMAV et que ce choix témoigne d’une belle ouverture à la nouvelle génération de festivaliers.