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FME 2015 : Hyperactivité Estivale aux Épices d’Automne

par Émilie Rioux, le 7 septembre 2015 | Chéri(e) j’arrive, Sur la route

Par Émilie Rioux

Les mains et les bras encore pleins d’étampes qu’on a du mal à faire partir, on repart dans les rues de Rouyn-Noranda pour une ultime journée de FME (pour CHYZ en tout cas, puisque nous partions le dimanche).

Le samedi, au FME, c’est une journée d’hyperactivité musicale sans précédent. Pour preuve, les festivaliers ont passé la journée à se faire vibrer le cellulaire, à grand coup de notifications de shows secrets, qui avaient lieu simultanément aux quatre coins de la ville, dans les endroits les plus insolites.

FMEDe notre côté, on se dirige vers la prestation de Hein Cooper, jeune blond australien, nouvellement protégé d’Indica Record, dont le folk planant et les envolées Patrick Watsonnesque ont attiré une petite foule entre deux immeubles de la rue principale. Malheureusement, on n’a pu qu’attraper la dernière chanson du set, The Art Of Escape, qui constitue une très belle entrée en matière dans l’univers de Cooper. Les nombreux concerts impromptus du festival arrivent immanquablement à créer une multitude de moments magiques où le temps se suspend et où la liaison entre le public et l’artiste est plus forte que jamais.

Je cinquasette, tu cinquasettes, nous cinquasettons…

FMEVient ensuite le moment déchirant du 5 à 7. Tant de spectacles qu’on voudrait voir! Dans le désir de boire une savoureuse bière du Trèfle Noir, on choisit finalement le spectacle de Lil’ Andy. À notre grand désarroi, c’est Boréal qui vient de prendre le contrôle des fûts : ça sera pour une autre fois, les gâteries de microbrasserie. Le grand comptoir en bois du Trèfle semble néanmoins s’être transformé en bar de taverne western, sous l’influence country de Lil’ Andy, un attachant personnage qui est tout sauf petit. Originaire du Far-West québécois (Gatineau), ce Johnny Cash roux nouveau genre nous interprète de sa voix caverneuse son répertoire de lonesome cowboy, sous un ciel de fleurs de papier aux couleurs du FME. Un look impeccable de veston-cravate (jaune), un chapeau de cowboy de paille, Joe Grass au lapsteel : on aura eu notre dose quotidienne de country à Rouyn -Noranda (à défaut d’avoir eu notre dose de fruits et légumes).

Malgré que les spectacles soient très nombreux et éparpillés dans la ville pendant les 5 à 7, chaque spectacle reçoit une foule considérable, un phénomène très admirable qui s’ajoute à la qualité d’écoute exceptionnelle du public. On ne peut manifestement pas réussir à ne rien manquer, de sorte que chaque individu a une expérience différente et unique de son FME.

Guitares + Reverb. à l’Agora des ArtsFME

Après un souper à ciel ouvert, et un 5 à 7 corpo animé musicalement par Joseph Edgar, le temps file pour nous amener à l’Agora des Arts pour un triple plateau un peu disparate. Le tout commence avec Jesse Mac Cormack, qui nous fait entrer dans sa bulle de création. Des sonorités de guitare électrique, pourtant sorties d’une Taylor acoustique, s’envolent dans le public captivé. Le grain de voix de Jesse, ainsi que son énergie sauvage a quelque chose de Xavier Rudd, sans le didgeridoo. La basse est aussi à l’honneur sur ses longues pièces, qui se développent sur plusieurs minutes avec une belle sensualité.

FMESuit ensuite Jane Added, qui offre une performance à tout casser aux spectateurs encore nombreux de l’Agora. Une belle découverte, pour ma part, de pop-dance, mais surtout d’un petit bout de femme qui donne tout ce qu’elle a sur scène. Puis, la grande scène accueille finalement les Dodos, formation très attendue par les médias et les festivals. Le duo californien enchaîne ses grands succès, sans qu’on puisse vraiment les entendre, la voix du chanteur étant perdue dans un reverb insupportable, enterrée par sa propre guitare. Est-ce le technicien de son qui l’a échappé? On ne le saura pas. La performance du groupe s’avère très sage, un peu statique, et un peu répétitive pour l’heure qu’il est. Quoiqu’il en soit, l’Agora des Arts s’est vidé rapidement, sans doute à cause du spectacle de Galaxie qui, avouons-le, offrait une dose d’énergie supérieure à ce samedi soir.

Le tout s’est terminé avec Marie-Pierre Arthur au Cabaret de la Dernière Chance : un show roadé au quart de tour offert à une gigantesque boîte de sardine humaine, sur une scène qui peinait à contenir tous les claviers de François Lafontaine. Loin d’être une erreur de booking, le spectacle a attiré plusieurs curieux de voir un spectacle d’une telle envergure dans un petit bar de région. Sans surprise, il faisait excessivement chaud, mais l’ambiance était à son comble!

Le reste de la soirée contient des scènes qui pourraient ne pas convenir à un jeune public.

Et c’est ainsi que s’achève le périple chyzien au Festival de Musique Émergente d’Abitibi-Témiscamingue. Un festival merveilleux, généreux, où la musique se célèbre réellement, et où on crée des liens pour l’année à venir.

Merci FME!

P.S. Muffin aux Épices d’Automne du Tim. Salvateur. 
P.S.2 Crédit Photo : Émilie Rioux