fbpx
Blogues

FME 2015 : Sous le soleil et les étoiles de Rouyn-Noranda

par Émilie Rioux, le 5 septembre 2015 | Chéri(e) j’arrive, Sur la route

Par Charlotte Biron

Après quelques heures sur les matelas de rêve du Motel Mistral, notre deuxième journée a commencé en entrevue avec Philippe Brach qui lançait son album le soir même. Avalé par le FME la veille, le jeune Saguenéen, qui s’était réveillé encore plus tôt que nous, faisait honneur à la corde à linge sur laquelle il avait passé la nuit. Écoutez l’entrevue pour entendre le mélange d’excitation, d’épuisement et de fébrilité qui précédait le baptême de Portraits de famine sur scène.

Le soleil plombait intensément sur Rouyn-Noranda quand nous avons pris la direction de l’épluchette de blé d’Inde de Bonsound. Dans la cour de la maison louée par la compagnie de disques montréalaise, une petite foule était respectueusement massée entre le bord de l’eau et le bord de piscine, maïs et hot-dogs en main pour écouter le spectacle surprise de Safia Nolin accompagnée de Joseph Marchand à la guitare. La voix claire et le folk à fleur de peau de la protégée de Bonsound se mariaient parfaitement avec le décor vert et bleu de la cour.

Avant de reprendre la direction des salles de spectacle, nous nous sommes arrêtées à la galerie d’art L’Écart. L’espace se divise en trois expositions : l’installation sonore Zoé T. : spectres et autre apparitions de Martine H. Crispo, Fais confiance au chauffeur de Philippe Chabot et L’œil de la chouette, la gorgone, la résistante de Gabrielle Brais-Harvey. Émilie et moi avons été particulièrement intriguées par le travail de Martine H. Crispo qui travaille à transformer des captations visuelles en sons!

FMELancements : Philippe Brach Portraits de famine et Philémon Cimon Les femmes comme des montagnes

À 17h, la salle La Légion cuisait, remplie des admirateurs de Philippe Brach. Ni Émilie ni moi n’avons été particulièrement séduites par le décor de toile trouée tendue agrémentée de luminaires de papier, boules chinoises d’où provenait une sorte de lumière saumon. En ouvrant le spectacle, Philippe Brach, encore plus fébrile et éreinté que le matin, a fait éclater de rire la salle en poussant série de notes aiguës pour finalement lancer « Gandalf libère le pouvoir de l’anneau! ». Il était accompagné de deux guitaristes, dont son réalisateur Louis-Jean Cormier, (trois guitares, trois G : gretsh, guild et gibson) d’un bassiste et d’une batterie. Il est passé à travers presque tout le nouvel album en quarante-cinq minutes, avec des interventions crues et drôles, des remerciements un peu essoufflés et une énergie intense et sincère.

Nous avons à peine pris une bouchée avant de poursuivre la soirée dans la salle sombre du Cabaret de la dernière chance, où nous avons attrapé la deuxième moitié du lancement de Philémon Cimon. Après Les sessions cubaines et L’été, l’album Les femmes comme des montagnes aborde la difficulté d’être amoureux et d’être en couple. Le devant de la salle ondulait de jeunes filles quand nous sommes arrivées. Le spectacle que le band et Philémon Cimon avait répété deux fois seulement était énergique et brut. L’artiste a gentiment accepté de nous parler après le lancement. Coincé dans les marches du magasin de jouets à côté du cabaret, Philémon Cimon nous a parlé d’amour, de Don Quichotte et de création musicale. Vous écouterez.

Ponctuation et Bears of LegendFME

Ponctuation nous a solidement réveillées à 22h avec leur mélange de rock, de punk et musique psychédélique. Pas une minute de pause pour tout le Petit théâtre (qui est plutôt gros) qui bougeait son corps en suivant l’énergie des frères Guillaume (guitare) et Maxime (batterie) Chiasson, et de Laurence Gauthier-Brown aux claviers et à la basse. Beaucoup de sueur, de plaisir et de cheveux.

On a ensuite reposé nos oreilles un peu à l’Agora des arts avec Bears of Legend. Les sept membres du groupe de Shawinigan ont offert une belle performance à une salle comble. Des musiciens solides, une belle harmonie, mais Émilie et moi sommes sorties avec l’impression d’un groupe qui a une sonorité très propre et qui fait une version connue, très américaine d’un certain pop-folk-rock.

Navet Confit et The Fleshtones

FMENous étions très curieuses d’aller entendre Navet Confit que nous avions rencontré pour discuter quelques heures plus tôt. Jean-Philippe Fréchette, qui se prend parfois pour Fanny Bloom en entrevue, donne dans l’absurde autant dans l’aspect musical que visuel de son projet. Et même s’il nous parle du vide lié à nos existences saturées, l’artiste présente un spectacle décoiffant et drôle. Sur scène, il présente avec nonchalance des pièces plus anciennes et des pièces de l’album
LOL (qui sort cet automne) en version rock intense, presque grunge.

À 1h00 du matin, nous étions finalement Au Diable Rond avec The Fleshtones, groupe new-yorkais formé en 1976… mais rien n’arrête les quatre membres à l’âge vénérable. Sous le plafond bas décoré de lumières de Noël blanches et de fleurs de plastique, les Fleshtones se déhanchent en symbiose avec toute la salle, de quoi en remontrer à des musiciens dans la fleur de l’âge. Difficile de ne pas se dandiner sur leur punk rock yéyé.

On a fini la soirée avec « les yeux du cœur », Gerry Boulet et des grosses Labatt 50 au bar Les chums.

C’était une belle deuxième journée.