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La Loi du Marcheur : Critique

par Émilie Rioux, le 28 mai 2014 | Chéri(e) j’arrive

par Cyril Schreiber

Écoutez ici la chronique radiophonique de Cyril

Leçon de cinéma

C’est un spectacle venant tout droit de la France qui a eu l’honneur d’ouvrir la programmation en salle du 15e Carrefour international de théâtre. Dans La loi du marcheur, Nicolas Bouchaud incarne l’important critique de cinéma français Serge Daney, qui est passé par Les cahiers du cinéma et Libération. Le texte primal, adapté pour le théâtre, est tiré d’un entretien télévisuel où Denay, quelques mois avant sa mort en 1994, livre une sorte de testament, de témoignage, dans lequel il revient sur sa vie (le premier contact avec une image, non-cinématographique), sa carrière, l’évolution du cinéma français depuis les années 1950, le rapport à l’image avec ces nouveaux médias que sont la publicité et la télévision (auxquels il était farouchement opposé), etc.

unnamedC’est une véritable masterclass de cinéma à laquelle le public du Théâtre Périscope a assisté en ce mardi soir, une réflexion à la fois intellectuelle et accessible où le cinéma, et par extension sa place dans la vie et la société, est célébré, fêté. Bouchaud, avec la complicité d’Éric Didry à la mise en scène, a eu la bonne idée d’inclure à cette « conférence » des extraits du western Rio Bravo (l’un des films préférés de Daney), scènes projetées mais aussi rejouées, parfois sans l’image, par Bouchaud. Ce dernier se livre corps et âme dans ce monologue de haut vol on ne peut plus agréable à entendre et à voir. Et si La loi du marcheur reste très franco-français dans son propos, l’universalité n’est jamais loin, preuve que le cinéma est un lien entre les humains. Le public de Québec, en plus de réagir étonnamment à ces références d’un autre temps et d’un autre pays (même si quelques adaptations appréciées étaient au programme), ne s’est pas gêné pour participer à l’avant-dernière partie du spectacle, l’inévitable plénière des films formidables vus plusieurs fois, vus dans l’enfance et qu’on n’arrive pas à oublier, idiots à raconter mais bouleversants à voir, etc.

On ressort de cette pièce ravi, plus intelligent, et riche d’une quantité innombrable de films évoqués mais pas vus (ou pas depuis longtemps), un puits sans fond possible grâce à l’une des plus belles communions entre théâtre et cinéma des dernières années.

 

Quoi ? La loi du marcheur

Qui ? De et avec Nicolas Bouchaud, mise en scène d’Éric Didry et Nicolas Bouchaud

Où ? Théâtre Périscope

Quand ? Mercredi 28 (20h) et jeudi 29 mai (19h)