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Métier Critique – Catherine Voyer-Léger (Critique de Cyril Schreiber)

par Émilie Rioux, le 19 mars 2015 | Chéri(e) j’arrive

Catherine Voyer-Léger
Métier critique – Pour une vitalité de la critique culturelle
Septentrion
2014

Avertissement : ceci est une méta-méta-critique. C’est-à-dire une critique d’une critique qui évoque la critique culturelle. Mise en abîme sans fond.

Il faut entendre critique culturelle au sens large, et non pas se borner à la définition négative, erreur largement répandue. Nuance parmi tant d’autres que Catherine Voyer-Léger aborde dans Métier critique (et l’on a envie de rajouter un accent aigu sur la dernière lettre), qui après avoir effleuré le sujet notamment sur son blogue Détails et dédales, consacre un ouvrage entier à cette profession qu’est la critique culturelle.

Séparé en sections à l’aide de mots-clés (qui, d’où, de quoi, comment, pourquoi, etc.), le livre, oscillant entre thèse et essai, nous plonge dans ce monde méconnu, souvent décrié du grand public et de certains artistes, et offre un vrai panorama complet de ce métier. Rigoureuse et méthodique, Catherine Voyer-Léger prend le temps de montrer l’envers du décor, d’exposer les rouages, les contextes dans lesquels évoluent les (plus trop nombreux) critiques culturels, partout là où il y a de la culture, maisunnamed évidemment particulièrement ici au Québec, où le rapport avec les artistes est si particulier, où le milieu est si petit que le moindre mot médiatique peut avoir un impact.

Avec à la clé un constat du bout des lèvres que Catherine Voyer-Léger brosse implicitement mais que nous, nous osons affirmer ici : la vraie critique culturelle, celles des échanges entre un journaliste, un artiste et un spectateur, se meurt, et disparaîtra bientôt de nos écrans radars, conséquence due à plusieurs facteurs très bien expliqués. Difficile dans de telles conditions de rester optimiste.

Des lacunes, il y en a dans Métier critique : des cas pratiques trop peu nombreux (mais toujours appréciés) face à un discours théorique parfois lourd, parfois difficile à rendre intéressant, une certaine répétition de ce même discours dans les différentes parties du livre, etc. Mais il deviendra peut-être, s’il est lu par les bonnes personnes, un ouvrage de référence, ou tout du moins un début de piste de réflexion et d’interrogation (ce qui serait déjà beaucoup). Puisse cette précurseure être entendue, et puisse l’auteur de ces lignes être lu par la principale intéressée, et par les autres…