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Mois Multi: Hakanaï d’Adrien M et Claire B (critique)

par Émilie Rioux, le 10 février 2014 | Chéri(e) j’arrive

Critique de Maxime Daigle

 

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Dans la langue japonaise, Hakanaï définit ce qui est impermanent, fragile, évanescent, entre le rêve et la réalité. Mais Hakanaï, c’est aussi une performance chorégraphique évoluant dans un immense cube d’images qui réagit aux mouvements de la danseuse en temps réel.

Le synopsis, à la base, est très alléchant et c’est pourquoi je m’étais procuré des billets la journée du lancement de la programmation du Mois Multi 2014. Je ne crois pas être le seul à avoir été intrigué par ce projet créé par la compagnie française Adrien M / Claire B, la salle était comble pour les deux représentations de vendredi et samedi dernier.

La rencontre entre la danse et l’art numérique était très intéressante. Les deux se répondaient et évoluaient ensemble de manière particulièrement fluide, au point où je me suis demandé si l’animation n’avait simplement pas été synchronisée à l’avance avec les mouvements de la danseuse. Une petite visite à l’intérieur de la boite d’image m’a permis de confirmer que la projection répondait réellement en temps réel aux mouvements des gens présents.

Étant designer graphique de formation, il m’a été difficile de passer par dessus le fait que les éléments graphiques utilisés pour les projections étaient très basiques. Nous apprenons, dans le métier, à travailler avec les lettres, les chiffres, les lignes et les points au tout début de notre formation. Ils sont le squelette même d’un projet. J’aurais donc aimé que leur recherche visuelle ait plus loin que ces 4 éléments et plus loin que le noir & blanc. Mes yeux et mon cerveau en demandaient plus, surtout en sachant que Claire Bardainne, la cocréatrice du spectacle, avait une formation en design graphique.

La performance de la danseuse, Virginie Barjonet, était convaincante et répondait bien au dialogue entre l’animation et les mouvements. Mais tout comme les projections, j’avais l’impression que la recherche n’avait pas été poussée assez loin. Je n’ai malheureusement pas pu rester pour la discussion après la représentation pour en savoir plus sur leur démarche, mais j’imagine que la complexité technique du projet a dû les limiter dans les explorations créatrices.

Malgré tout, certaines séquences ont réussi à m’en mettre plein les yeux. J’aurais simplement aimé être plus surpris et déstabilisé que je l’ai été en sortant de la représentation. En espérant que le projet puisse évoluer avec le temps et laisser place à une création encore plus poussée grâce à cette nouvelle technologie très prometteuse.