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Mois Multi : La chute du piano de Rhizome et Éclats (critique)

par Émilie Rioux, le 15 février 2014 | Chéri(e) j’arrive

 

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Critique de Marie-Ève Muller

 

La chute du piano se présente comme un spectacle littéraire alliant danse et musique contemporaine. S’il y a effectivement un piano dans le spectacle, de chute, il n’y en a pas.

Le spectacle commence dans l’auditorium du Musée des beaux-arts de Québec, où trône sur une pyramide de cubes blancs et noirs un homme portant un casque de moto. Dans un coin, Érick d’Orion compose aux platines, alors que dans l’autre coin, les autres performeurs sont assis dans de fastes divans de cuir. Un narrateur déclame un manifeste nous avertissant que le spectacle que nous allons voir n’est pas un spectacle.

Un enregistrement met en scène le dialogue de Gilles (Deleuze, homme littéraire créateur du concept de rhizome) et John (Cage, éminent pianiste contemporain). Suit une danse ressemblant drôlement à un viol entre un homme et une femme. L’homme casqué se décoiffe et rit. Des images d’une ville sont projetées sur les cubes. Puis, les portes de l’auditorium s’ouvrent. Les acteurs se déplacent vers le hall et les spectateurs suivent.

Dans le hall, l’homme au casque chante de l’opéra. Il avance et nous le suivons vers la salle Gérard-Morissette où une pianiste joue sur un piano à queue. À la manière de John Cage, des vis sont insérées entre les cordes du piano et modulent le son. La musique est vite accompagnée d’une projection de l’homme au casque qui détruit un piano à coup de hache. C’est très violent, très gratuit.

La performance se poursuit dans le corridor, où l’homme à casque joue sur un petit piano à la Charlie Brown posé sur les cubes (noir et blanc, comme les touches d’un clavier). Finalement, nous revenons au hall où les cubes forment un écran de projection. Les acteurs de Gilles et John sont projetés.

Habitués de suivre les acteurs, les spectateurs les suivent pour se heurter à une porte fermée : le spectacle est terminé. Comble de l’absurde, l’acteur jouant le personnage de John, présent parmi les spectateurs, est tout aussi surpris de la fin. Il manque, comment dire, une chute, une conclusion ou, à tout le moins, un signal. La performance aura donc duré un gros 45 minutes. De quoi rester sur sa faim.