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QETL – Nuit au Cimetière : Nu et…épeurant

par Émilie Rioux, le 3 octobre 2016 | Chéri(e) j’arrive

par Éric LeBlanc

Nuit au cimetière s’est présenté comme un parcours sans prétention, simple et somme toute efficace.

Quatre stations, six histoires, six comédiens.

Les stations? La plupart dans le cimetière St-Matthews (pour l’occasion parsemé de quelques lumières) sinon dans la bibliothèque Saint-Jean-Baptiste, aussi habillée d’un éclairage assez de base. Heureusement, l’intérêt du parcours n’était certainement pas dans sa scénographie, mais dans son contenu et dans le rendu.

Six jeunes comédiens de Québec, affublés d’un simple coton ouaté, ont interprété avec fougue des histoires tirées pour la plupart de la littérature québécoise (sauf Lovecraft, en intrus malgré tout très apprécié). Le jeu des acteurs nous faisait entrer facilement dans le conte ou l’extrait choisi qui gardait la saveur du texte écrit par un souci de mise en scène de ne pas trop prendre de raccourcis oraux. Les interprètes savaient nous faire oublier les bruits de la rue et le son des bars tout près en nous invitant dans des histoires de peur assez bien choisies. Quelques sauts étaient au rendez-vous, mais c’est l’intelligence des textes et celui du jeu d’acteur qui surtout su donner des frissons au public. Chapeau bas en particulier à Ariane Bellavance-Fafard qui a diffusé une savoureuse et inquiétante couleur avec St-André-de-l’Épouvante de Samuel Archibald.

Quelques accros ont toutefois parsemé le parcours : des temps d’attente vides entre les stations, le décor un peu beaucoup tout nu et le texte « Le croqueur d’âmes » qui, par sa narration au tu, se portait peut-être un peu moins à la scène et faisait parfois tiquer l’écoute (bien que la finale du texte ait saisi le public!). On comprend surtout que l’attention du metteur en scène Patrick Saucier s’est concentrée sur la mise en bouche des textes, réussissant son pari d’accrocher le public aux lèvres de comédiens racontant quelques pages de livre. Vous aurez ainsi saisi que mon plus grand reproche à ce spectacle est le peu de cas qu’on s’est fait de l’ambiance générale, comptant sur le cimetière pour faire le travail. Et il le faisait, en somme, relativement bien, mais on sentait qu’il manquait quelque chose : un peu de cet effet wow qui donne à un parcours sa force de prégnance.

En bref, Nuit au cimetière a su prendre soin du texte, le rendre et le faire ressentir à un public attentif. Ce spectacle extérieur passera à l’histoire comme un bon divertissement d’épouvante qui ne demandait qu’à être habiller.

Nuit au cimetière a été présenté le vendredi 30 septembre 2016 à guichet fermé.