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Pendant ce temps… le 21 février 2014

par Émilie Rioux, le 25 février 2014 | Chéri(e) j’arrive

Les évènements culturels se bousculent dans la région de Québec, et il arrive souvent que deux spectacles tombent exactement en même temps. Comme on a pas tous le don d’ubiquité, les chroniques « Pendant ce temps… » vous permettent de ne rien manquer des événements qui vous sont passés sous le nez!

 

À l’Impérial de Québec : Vincent Vallières
Vu par Cyril Shreiber
Un beau vendredi soir olympique

Résister à un raz-de-marée tel On va s’aimer encore (évidemment en dernier rappel, chanté par la foule) ? Seul Vincent Vallières, tête sur les épaules, confiance et expérience, est capable de survivre à un succès populaire du genre et continuer sa carrière, un sixième et nouvel album en poche, sans rien changer à son comportement ou ses valeurs, mais en ne prenant rien pour acquis non plus.

Six albums, cela constitue un beau répertoire, même si le nouveau-né, Fabriquer l’aube, était mis de l’avant, joué en intégralité – des nouveaux titres déjà intégrés et acceptés par les fans de Vallières, que ce soit Stone ou L’amour c’est pas pour les peureux, que les spectateurs de l’Impérial de Québec bien rempli en ce 21 février n’ont pas hésité à reprendre en chœur avec le Sherbrookois.

Des moments rock, il y en a eu beaucoup – le chanteur est bien entouré, que ce soit André Papanicolaou aux guitares, au piano et à la première partie efficace avec ses chansons, ou ses amis d’enfance Michel-Olivier Gasse et Simon Blouin. Les classiques de Vincent Vallières, à peu près tous présents, étaient la plupart du temps réarrangés. Des parenthèses plus calmes, il y en a eu aussi, notamment le doublé Asbestos/Fermont. Soutenu par des éclairages efficaces de Sébastien Pedneault, entouré de lampes grillagées sur scène, ce qui donnait un bel effet visuel, Vallières a su placer avec parcimonie des interventions ni trop courtes, ni trop longues, souvent drôles et rappelant pourquoi il a décidé de chanter, et de chanter en français – une particularité soulignée par la reprise-traduction d’Everybody knows de Leonard Cohen, généreux donateur de 30 000 $ servant à une tournée de spectacles dans des écoles secondaires. Un beau vendredi soir olympique passé en bonne compagnie, avec un chanteur qui n’a plus à faire ses preuves, mais dont le spectacle n’est que le point d’orgue d’une relation de proximité avec lui : Vincent Vallières s’écoute au quotidien et il fait du bien.

 

À l’Anglicane de Lévis : Marcie et Benoit Paradis Trio (double plateau)
Vu par Émilie Rioux

 

Un « deux pour un » très sympathique

Pour les gens qui habitent la capitale, il est souvent difficile de trouver la motivation pour traverser jusqu’à la Rive-Sud pour un spectacle. De toute évidence, quelques événements font exception puisque l’Anglicane était remplie presque qu’exclusivement de spectateurs de Québec, avides de découvrir les chansons toutes féminines de Marcie et le jazz unique du Benoit Paradis Trio.

Devant un public plutôt frileux et sérieux, Marcie a ouvert la soirée. Celle qui a lancé son album « Marcie » en mai dernier était définitivement plus à l’aise sur la scène que la dernière fois que j’avais pu la voir. Derrière son air grave et théâtral, la saguenéenne d’origine s’est montrée tout à fait sympathique et douce et n’a pas hésité à enchaîner les anecdotes cocasses de tournée entre les chansons. On ne peut qu’être charmé par le texte des chansons de Marcie, chez qui on peut déceler sans se tromper des effluves de Françoise Hardy. Elle a terminé le set avec « Fais-moi pleurer », dernier simple de son album pour lequel elle avait tourné un vidéoclip 2 semaines auparavant, qui lui a mérité une dynamique salve d’applaudissements.

En deuxième partie, le Benoit Paradis Trio est arrivée pour finalement dérider les spectateurs, tout en faisant défriser quelques permanentes fragiles au passage. Avec son humour si particulier, Benoit Paradis a donné un très bon spectacle, tout en simplicité, en présentant les énergiques « T’as-tu toute » et « La patate ». La mélancolie sympathique du personnage aura vite séduit les spectateurs pendant « Un petit animal », « Toute m’arrive à moi », et « Miettes de bonheur ». Avec Chantal Morin au piano et Benoit Coulombe à la basse, le trio est actuellement en préparation de l’enregistrement d’un nouvel album, et ça se sentait sur la scène. Une toute nouvelle chanson est même venue s’ajouter à la collection habituelle, que le trio traîne en tournée depuis bientôt 5 ans.

Une soirée en deux temps, qui a fait lever les sourcil de certains conservateurs et soulever l’enthousiasme des plus jeunes…qui ont, tout comme moi, repris le traversier en fin de soirée!