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Pop de Jam: Reprises à gogo

Pop de jam
par Cyril Schreiber, le 5 février 2017 | Chéri(e) j’arrive, Critiques musicales

C’est sur l’étiquette Simone Records que paraît, en ce début d’année, une compilation des meilleures reprises de Pop de jam, émission d’abord diffusée en 2015 sur Musique Plus puis reprise actuellement sur V les dimanches à 22 heures (et sur Internet). Le concept est simple : à chaque épisode, un grand nom de la chanson québécoise rencontre deux artistes de la nouvelle génération et découvre comment l’un de ses titres a été repris.

Huit titres composent cet album numérique assez uniforme malgré les arrangements tantôt acoustiques, tantôt électroniques de ces chansons qu’on aime parfois sans oser (se) l’avouer. Les moments forts ? Philippe B, déjà friand d’américanité, qui reprend Sur la route de Pierre Flynn, Antoine Corriveau, qui offre une reprise décalée et atmosphérique du Corridor de Laurence Jalbert (le mariage le plus improbable et pourtant peut-être le plus réussi), Karim Ouellet et sa version légèrement plus enjouée de Si fragile de Luc De Larochellière, et Philippe Brach qui, rare incursion dans les années 1970, offre une reprise mettant les claviers à l’avant-plan sur Le chat du café des artistes (Jean-Pierre Ferland), avec la belle complicité de Laura Sauvage/Vivianne Roy des Hay Babies.

Les autres titres sont loin d’être vilains à entendre et offrent chacun quelque chose d’unique, de spécial. Stéphanie Lapointe adoucit un peu l’Animal de France d’Amour avec l’aide du guitariste Joseph Marchand, Geoffroy, peut-être l’artiste le plus jeune et méconnu du lot, livre une version funky du grand fait d’armes de Martine St-Clair, Ce soir l’amour est dans tes yeux (bien loin de la reprise acoustique de Louis-Jean Cormier), tandis que Claude Bégin s’est attaqué aux Chinois de Mitsou avec la complicité des cuivres des gars de Valaire. Enfin, pour clôre le bal, Peter Henry Phillips (aka Pilou) reprend Joe Bocan, Repartir à zéro, dans une version très Alexandre Désilets – c’est un compliment.

Ce beau projet s’inscrit dans une tendance lourde, celle des reprises de succès des années 1980 et 1990 par de jeunes chanteurs actuels. Le paradoxe du phénomène vient cependant du double discours énervant sur ces chansons, qualifiées souvent de ringardes dans leur forme première mais traitées en chef-d’œuvre une fois passées le filtre contemporain – le cas Safia Nolin et son mini-album de reprises en est un exemple étincelant. Il manque peut-être juste un peu de recul…

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Auteur : Cyril Schreiber