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Remonter le 13e étage : Louis-Jean Cormier à l’Impérial

par Émilie Rioux, le 28 novembre 2013 | Chéri(e) j’arrive

Crédit: Pierre G Photographie

Le spectacle affichait complet, et j’étais bien fière de détenir un billet pour ce spectacle dont j’avais tant entendu parler. Louis-Jean Cormier avait rempli l’Impérial cet été dans le cadre du Festival d’Été de Québec, et il répétait l’expérience samedi dernier. Et j’allais enfin comprendre pourquoi.


Tel un seul homme


Double satisfaction lorsque je me suis rendue compte que David Marin allait assurer la première partie de Louis-Jean Cormier et son groupe. Avec sa carrure de cégepien, David Marin est apparu sur scène armé de sa seule guitare pour réchauffer la foule déjà extatique de l’Impérial. D’abord hésitant à se lancer, ce dernier n’a pas mis de temps à nous prouver sa valeur. Fin poète, maître dans l’art de la tournure de phrase originale, il manie aussi bien la 6-cordes que les dièses et les bémols du piano. Même dépourvu d’un groupe pour le soutenir, Marin a su déployer assez de charisme pour nous captiver. Un style qui aurait pu rappeler à certains les jeunes années de Richard Desjardins. Quoiqu’il en soit, David Marin avait visiblement beaucoup de plaisir sur scène à groover sur le piano les chansons de son plus récent disque Le Choix de l’Embarras. Avis aux curieux, il sera de retour, cette fois en formule «full band» à l’Anglicane de Lévis en mars 2014.


Remonter le 13e étage


Depuis la dernière visite de Louis-Jean à Québec, il y a eu le « scandale » de sa participation à La Voix, un disque d’or et de nombreuses victoires au gala de l’ADISQ. Ceci expliquant peut-être cela, la moyenne d’âge était relativement élevé ce samedi à l’Impérial. (Je vous amène ici entre parenthèse pour vous parler de ce couple de septuagénaire qui se tenait à mes côtés, dansant et chantant sur toutes les chansons, avec le plus grand des sérieux. Voilà, c’est fait). Un public de nostalgiques de Karkwa, oui, mais aussi de nombreux nouveaux adeptes de l’auteur-compositeur-interprète.

 

Tout juste revenu du Yukon et d’un spectacle donné à Vancouver la veille, Louis-Jean et co. (Adèle Trottier-Rivard, Simon Pednault, Marc-André Larocque et Guillaume Chartrain) étaient visiblement heureux de poser le pied en terre québécoise. Vraisemblablement fatigués par cette série de concerts à travers le Canada, ils ne l’ont pas fait paraître un instant. L’énergie du public, elle, était palpable, et ce dès les premières notes de Bull’s Eye, pièce qui ouvrait le set.


La plus grande force de ce spectacle est, selon moi, la manière dont les chansons ont été habillement réinventées. Ceux qui connaissent par coeur les chansons du Treizième Étage ont sans doute été jetés en bas de leur chaise. Pour l’occasion, chaque pièce a été déshabillée et rhabillée, de sorte qu’elles soient sur leur 36 du début à la fin de la soirée. En l’espace de deux accords, le public est habilement transporté d’un état à un autre, planant au son des harmonies vocales aériennes jusqu’à faire grimper l’énergie au plafond de l’Impérial pendant Le coeur en téflon, l’apogé du spectacle.


Notons également l’insertion très appréciée du public de pièces de Félix Leclerc, de Gaston Miron, en plus de deux pièces de Karkwa (Échapper au sort, L’Épaule Froide), encore une fois complètement remises à neuf. Au bout du 3e rappel, on peut dire que les admirateurs de Louis-Jean, petits et grands, ont été rassasiés par ce spectacle qui figurera assurément parmi mes préférés de l’année 2013.