Nouvelles

Tadoussac 2017 – Compte Rendu

Festival-de-la-Chanson-de-Tadoussac-bandeau-2017-thumbnail-660x330
par Thomas Mailloux, le 7 juillet 2017 | Chéri(e) j’arrive, Nouvelles, Sur la route

Un premier arrêt réussi pour CHYZ sur la route !

Après le FIMAV, le Carrefour International de Théâtre, le Rockfest, Limoilou en Musique et les Francofolies, voilà qu’arrivait en fin de semaine dernière la 34ème édition du Festival de la chanson de Tadoussac. L’équipe de CHYZ se déplaçait donc sur la Côte-Nord pour couvrir le festival et vous offrir deux émissions spéciales en direct de ce magnifique coin de pays. 

De retour de ce périple des plus enrichissant autant émotionnellement qu’artistiquement, l’équipe vous a concocté ce compte-rendu à la sauce Thomas Mailloux. Voici donc les deux émissions, les surprises, les découvertes et les coups de coeurs de notre adjoint aux arts.

Pour réécouter l’émission du vendredi en direct du Restaurant Le Bateau à Tadoussac avec les entrevues de Guillaume Arsenault (à 10 min), Simon Daniel (à 25 min), Dimoné (à 50 min), Carotté (à 1h30) et Samito (à 1h40), c’est ici :

Pour réécouter l’émission du samedi en direct du Restaurant Le Bateau à Tadoussac avec les entrevues de Matt Holubowski (à 5 min), Urbain Desbois (à 18 min), Soucy (à 38 min), Joseph Edgar (à 48 min), Bernhari (à 1h) et Lubik (à 1h40), c’est ici :

 

Surprise

Les Cowboys Fringants (Jeudi 20h, Scène Québecor)

Premier show du festival. Après deux verres de vin bien mérités au cocktail d’ouverture, direction les Cowboys Fringants… pour la énième fois. Pas que j’aime pas le groupe, mais disons que je les ai vu souvent. La énième fois est la bonne, le spectacle est solide. Vraiment. Les Cowboys pourraient donner une bonne leçon à n’importe quel groupe rock/folk sur scène, ils ont une aisance et une assurance du tonnerre.

mg_9677

Les hits s’enchaînent et la foule est heureuse. L’ambiance est survoltée et les gens dansent, surtout sur le parterre où certains ont préféré enlever leur chandail et leur dignité pour mieux échanger leur sueur. De La Manifestation jusqu’à Ti-Cul, c’est un sans-faute. Puis, vient le rappel. C’est la folie pendant Le Shack à Hector (surtout parce que tout le monde veut attraper un des 100 gazous lancés par le band). Ils finissent tout en douceur avec Les étoiles filantes. Ça commence très bien le festival, l’ambiance est festive à souhait et je me réconcilie avec les Cowboys. Bien joué !

Crédit photo Ludvig Germain Auclair.

Coups de Coeur

Bernhari (Samedi 19h, Salle Marie-Clarisse)

Après avoir discuté avec lui dans l’émission du samedi, c’est maintenant l’heure de Bernhari. C’est ma première fois. Je sais, vous allez me dire que je dors au gaz, mais c’est la vie hein ! J’arrive quand même avec un certain bagage, j’ai beaucoup écouté Île Jésus. Bref, revenons à sa performance. C’est fascinant de le voir sur scène. Avec lui s’installe une ambiance des plus planante et de pièces en pièces, l’intensité grimpe. Je découvre également la salle Marie-Clarisse qui est situé dans l’Hôtel Tadoussac.

Bernhari1-credit Emelie Bernier FCT2017L’écoute du public est quasi-parfaite ce qui semble donner au band une petite touche magique. Alternance entre intensité et douceur, je suis littéralement sous le charme. Moment très fort pendant Kryuchkova. Vraiment, je suis charmé. Les gens aussi, le band semble avoir du plaisir. Moment cocasse quand son clavier s’éteint sans trop de bonne raison. Heureusement, il est habile, ça passe comme si de rien était. Coup de coeur évident pour Je pense à toi et, surtout, la belle et mélodique Île Jésus. Un spectacle intime qui m’a paru comme le seul du genre dans le festival. Bravo.

Crédit photo Émilie Bernier

.

Les Hôtesses d’Hilaire (Samedi et Dimanche 0h, Site Belle-Gueule)

Les Hôtesses d.Hilaire2 Ludvig Germain Auclair FCT2017

Crédit photo Ludvig Germain Auclair

Samedi soir. Le festival est déjà bien entâmé et j’attends avec impatience le premier concert du groupe. Cette fois, ce n’est pas ma première et j’ai de bonnes attentes. Évidemment, l’ambiance est festive (majoritairement dû à l’alcool). Le groupe arrive sur scène comme une tonne debrique. Serge Brideau est en forme et ça commence fort. Moonshine, MDMA, Boule boule, Fais faillite, ça brasse. Pendant Regarde moi, je me lance dans le généreux mosh pit. Je ne savais pas que ça brassait de même à Tadoussac, mais pourquoi ne pas en profiter. Encore une fois, je suis sans mot sur la performance du band. Ils réussissent, malgré l’intensité déconcertante de chaque pièce, à nous embarquer dans leurs jams psychédéliques progressifs digne des bons moments de Gentle Giant et, surtout, ils sont incroyablement « tight ».  Serge Brideau vient même « trasher » dans la foule pendant Machine à bière. Une grande performance, j’attends déjà celle du lendemain.

Je ne m’éterniserai pas sur leur performance du dimanche sauf pour vous dire qu’elle était tout simplement magique. Beaucoup plus intime et moins violente, elle a permis au gens d’apprécier pleinement le GRAND talent du groupe. Pendant C’est Glen qui l’a dit (que l’on avait pas entendu la veille), je suis littéralement subjugué par le charisme et l’intensité du chanteur. Encore une fois, c’est du génie.  Merci à vous mes charmantes Hôtesses, vous m’avez permis de voyager en première classe !

 Le Couleur (Dimanche 13h, Scène Hydro-Québec)

LeCouleur2-BLemeunier-FCT2017

Crédit photo Bernard Lemeunier

Premier show d’après midi. Comme mentionné plus haut, on a fait des émissions le vendredi et le samedi de jour, fallait donc attendre le dimanche pour voir des spectacles en pleine journée. Malheureusement, leur spectacle à 10h au Dunes est annulé à cause de la pluie. Heureusement, on finit par les avoir en spectacle à 13h à l’Espace Pro. Il y a des chaises. Ce ne sera pas trop long qu’elles ne serviront plus à grand chose. Le spectacle commence doucement. Armée de ses deux percussionnistes et de son bassiste/clavieriste, Laurence Giroux-Do transporte tranquillement le public dans l’électro-disco-pop-indie de Le Couleur.

Comme les publics sont très variés à Tadoussac, les plus jeunes se mettent rapidement à danser alors que les boomers attendent patiemment qu’on leur enlève leur chaise (surtout le bonhomme avec les bras croisés que la chanteuse tente de faire lever). L’amour le jourClub Italien, c’est du bonbon. Au fur et à mesure que les pièces s’enchaînent, la majorité du public se lève et c’est une bataille entre petits et grands pour les meilleurs « move » disco. Voyage amoureux pour terminer le tout et c’est magique, on aimerait que la chanson dure 20 minutes. Les gens sont conquis. Les chaises sont inutiles. Le Couleur a réussi l’improbable, faire danser tout le monde en après-midi. J’ai déjà hâte de les voir au Festival d’Été de Québec.

Daniel Bélanger (Dimanche 22h, Scène Québecor)

Dimanche soir à 22h, on est tous vidé, c’est le moment parfait pour aller rêver mieux avec Daniel Bélanger. C’est à la magnifique Scène Québecor dans l’église qu’il débute le spectacle de sa tournée Paloma. Ça ne prend que quelques notes pour que l’on se rappelle à quel point c’est un musicien qui travaille sa musique. L’ambiance est calculé, le son est grandiose, les effets de lumières sont simples, mais oh combien efficaces. Fous n’importe où, Dans un spoutnik, on replonge dans les grandes chansons de l’artiste et le public déjà conquis ne cesse de lui crier des « on t’aime Daniel » entre les chansons.

Daniel Bélanger 1 Ludvig Germain Auclair FCT2017

Crédit photo Ludvig Germain Auclair

Même s’il joue quelques pièces franchement excellentes de son dernier disque, il est clairement venu pour avoir un moment de nostalgie avec le public. D’ailleurs, fidèle à ses habitudes, il est hilarant sur scène (surtout quand il affirme que son acolyte multi-instrumentiste Alain Quirino qu’il connait depuis 15 ans n’est toujours pas son ami).Rêver mieux,  Intouchable et immortel, on est dans un autre monde. C’est du grand Daniel Bélanger. Coup de coeur global de ma 34ème édition du festival, Daniel Bélanger et ses musiciens nous ont offert le genre de concert qui nous laisse dans un état d’extase toute la soirée. Merci.

Découvertes

Samito (Jeudi 22h30 et Vendredi 22h30, Site Belle-Gueule)

Après le spectacle des Cowboys Fringants lors de la soirée d’ouverture, on se dirige vers l’Auberge de jeunesse. On me dit que c’est Samito que j’entends en marchant vers le site. Je connais de nom, mais pas de musique. J’arrive donc sans attente avec déjà quelques bières sous la cravate. C’est world, rock, électro, funk…c’est dansant, voilà le mot. Tout sourire, l’artiste donne raison aux festivaliers qui sont venus le jeudi soir. L’ambiance est super, le hic, j’arrive pour la dernière chanson. Bonne nouvelle, il joue le vendredi.

Samito2 Ludvig Germain Auclair FCT2017

Crédit photo Ludvig Germain Auclair

Ça augure bien, les festivaliers sont en grand nombre malgré la pluie pour le deuxième spectacle. Mêlant tout les styles, Samito nous emmène dans son univers avec brio. Beaucoup de danseurs se déhanchent devant la scène. Quelques imbéciles (parce que oui, faut vraiment être con pour se battre pendant un spectacle de Samito) se déclarent un combat de poings directement devant l’artiste qui modifie ses paroles en langues africaines avec des « il a besoin d’aide ». Tout revient à la normale. Le sourire du « frontman » donne une parfaite dose d’énergie aux festivaliers qui reprennent les danses tribales. Moment fort pendant Tiku La Hina.  Samito, on se revoit rapidement.

Dimoné (Samedi et Dimanche 19h30, Scène Hydro-Québec)

Loin d’être le genre de personne à « triper » sur la chanson française, je vous avoue que je suis plus du genre Pink Floyd que Charles Aznavour. Je sais qu’on n’est pas ici pour un débat philosophique sur la musique, mais tout ce que je veux dire, c’est que je me retrouve devant Dimoné, un artiste-poète que je ne connais que par l’entrevue de la veille et qui fait des mots le centre de sa musique.

Dimoné Marie Isabelle Rochon - FCT2017-6

Crédit photo Isabelle Rochon

Sans trop d’attentes entre deux spectacles, la découverte est totale. Mêlant poésie, électro et rock, le français accompagné de son multi-instrumentiste pied nu nous en met plein la vue. Maniant les mots comme un maître, il émerveille la foule avec ses verres d’oreilles et ses guitares planantes. L’ovation monstre de la foule rassembler à la Scène Hydro-Québec démontre à quel point il a charmé les gens. Le genre de chose que je n’aurais jamais pensé écouter. Ce fut un plaisir pour la partie du spectacle que j’ai vu.

Au final, les seules déceptions auront été les shows en plein air annulés (satanée pluie) et la performance devancée de Gab Paquet (erreur dans les heures sur l’horaire), sinon on a presque tout aimé.

En terminant, merci infiniment Tadoussac de nous avoir fait vivre ces beaux moments et ces soirées folles, on s’ennuie déjà…

À l’année prochaine !

Auteur : Thomas Mailloux