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Tadoussac : Jour 2

par Émilie Rioux, le 14 juin 2014 | Chéri(e) j’arrive


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Tadoussac dans l’char d’Anne-Christine et Simon

Jour deux

Se lever semi-tard,
après une nuit dans le char
La ciel est gris, Mais la pluie nous fout un peu la paix

Vendredi sera une longe journée
Poutine 
Entrevue
Et show.

Une fois le ventre plein on s’en va jaser avec les Hôtesses d’Hilaire
Les gars sont pas mal smatt’ et pas pire intéressants. Ils nous partagent quelques secrets qu’on va éditer out de l’entrevue. Le reste pourra jouer sur les ondes.

On a aussi interrompu Misteur Valaire en pleine game de balle molle. Les gars ont ben des projets qui s’en viennent et en dilettante certains d’eux font du pain.

Quand il pleut y’a plus de gens dans les shows. On a pas pu entrer à Alex Nevsky trop plein. (je vais pas me mettre à dépasser des gens dans une file en disant que j’ai une passe-média!)

Mais,
Patrice Michaud
David Marin
Qualité Motel (prise deux)
Dead Obies
On s’est bien remplis les oreilles

On a raté la poutine au foie gras de chez Mathilde, facque on s’est bourré de hot-dogs et hamburgers à l’auberge

On s’est couché au chant des oiseaux


Tadoussac sous la plume de Cyril

Jour 2 : Jeunes et patriarche

En ce deuxième jour de festivités au Festival de la chanson de Tadoussac, la pluie avait décidé de cesser ses activités temporairement durant la matinée. Si la température à Tadoussac est aussi importante et influente, c’est qu’elle a un impact direct sur l’ambiance générale au village. Et l’ambiance était forcément meilleure, malgré le retour de la pluie en soirée.

À 14 heures sur la scène Hydro-Québec jouait Evelyne Gallet, jeune chanteuse française encore inconnue de ce côté de l’Atlantique. Pourtant, presque toutes les chaises étaient prises, preuve que le public de Tadoussac est curieux. Et les spectateurs assis sur ces chaises ont été ravis au terme du premier de ses deux spectacles dans le village, moins d’une heure plus tard. Evelyne Gallet fait de la chanson humoristique à texte, ces derniers étant très travaillés. Gallet, qui partage une belle complicité avec son guitariste dont on ne saura jamais le vrai nom, n’a pas hésité à parler directement avec le public, sans filtre, en plus de faire un effort d’intégration en apprenant des nouveaux mots et en adaptant parfois ses textes au contexte québécois. Qualité de la musique et humour communicatif égalent tabac.

Toujours sur la même scène Hydro-Québec, mais cette fois à 16 heures, c’était au tour de Patrice Michaud de s’amener, avec un nouveau spectacle découlant de son deuxième album, Le feu de chaque jour. L’intense pluie passagère n’a pas empêché le public d’assister à ce spectacle très rock par moments (trop fort peut-être pour les lieux ?), durant lequel le chanteur gaspésien et ses musiciens (Simon Pedneault, Marc Chartrain et Mark Hebert, qu’il retrouvait après quelques jours de repos) s’en sont donnés à cœur joie dans l’interprétation de ses chansons, dont le succès Mécaniques générales et une surprenante reprise de Mara Tremblay, Les aurores. Quelques histoires drôles étaient aussi au programme, livré par un Patrice Michaud décidément aussi bon chanteur que conteur. Ce passage à Tadoussac en fut une autre preuve flagrante.

ACH003409467.1380561393.580x580L’une des têtes d’affiche de cette 31e édition du Festival de la chanson de Tadoussac était sans hésitation la légende vivante Robert Charlebois. Celui-ci venait présentait la tournée 50 ans 50 chansons (en vérité près d’une vingtaine), célébrant son demi-siècle de carrière. Chaque spectacle de Charlebois est unique, non pas parce que le chanteur est sur sa fin de carrière et qu’il faut profiter au maximum de chacune de ses apparitions, mais bien au contraire parce qu’à chaque représentation, il se donne corps et âme et possède encore le feu sacré à 69 ans (bientôt 70 le 25 juin), peut-être même plus que jamais. Et c’est un Charlebois en très grande forme qui est monté sur la scène de l’église du village, livrant une heure quarante de spectacle majoritairement rock, un feu roulant de succès des décennies soixante, soixante-dix et même quatre-vingt (une section y était spécialement consacrée). Entouré par une dizaine de musiciens, Robert Charlebois a encore une fois livré la marchandise, devant un public d’abord certes enthousiaste, mais qui a littéralement explosé, s’est levé et s’est mis à danser et chanter, tout en sachant apprécier les moments plus calmes que furent Je reviendrai à Montréal ou Ordinaire. Seule fausse note, le moment improvisé sur Madame Bertrand avec non pas une mais deux personnes du public venus sur scène. L’idée de partager cette chanson avec une spectatrice est bonne, encore faudrait-il que celle-ci sache les paroles et veuille bien chanter…

Pour terminer la soirée (alors que pour d’autres elle ne faisait que commencer), restons dans le confort de l’église et à l’abri de la pluie pour voir et entendre l’unique Marie-Jo Thério. Il y avait un bail qu’on n’avait pas assisté de ce côté de l’Atlantique à un
concert de l’Acadienne, elle qui passe désormais une bonne partie de l’année en France. Et c’est dans la plus pure formule, celle du piano-voix, que ces retrouvailles se sont déroulées, devant un public conquis qui a plongé tête première dans l’univers si particulier de Thério, rempli de liberté, de folie et surtout de poésie. Qu’est-ce qui était préparé, qu’est-ce qui était improvisé ? Difficile à dire. En tout cas, une chose est sûre, les chansons au programme (dont Le chant d’hélium et Café Robinson) de cette troisième visite en carrière à Tadoussac étaient31839_2 rallongées, étirées, notamment grâce à la grande maîtrise pianistique de Marie-Jo Thério. Et si celle-ci a invité ses amis Jordan Officer et Les sœurs Boulay (pour une reprise de T’es le beau Raphaël), c’est en solitaire qu’elle a conclu la soirée avec une interprétation émouvante de l’inévitable Évangéline. Pour public averti. Mais public conquis devant artiste unique – le terme n’est pas du tout ici pas galvaudé.

Cyril Schreiber