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Trois titres à « boire » en février

par Alex Tremblay Lamarche, le 3 février 2021 | Chéri-e j’arrive

L’année 2021 marque le 100eanniversaire de la SAQ. Tout au long de l’année, il sera ainsi possible d’en apprendre plus sur l’histoire de l’alcool au Québec et de comprendre l’évolution des goûts des Québécois en matière d’alcool. Alors que se termine le Dry January et que le défi 28 jours sans alcool commence, Chéri(e) j’arrivevous propose quelques suggestions de titres à « boire » en février pour en apprendre plus sur l’histoire de l’alcool.

 

Paul-Yvon Charlebois et Sylvain Daignault, La Brasserie Dow, tome 2 :La chute, Québec, GID, 2020, 168 p. Si la brasserie Dow n’évoque de nos jours au mieux que des souvenirs chez les plus âgés, elle fut, pendant une large partie du XXesiècle, l’une des plus connues au Québec. La raison? Ses propriétaires ont choisi d’investir massivement dans la publicité. Après avoir annoncé leurs produits dans les journaux et les revues et créé des objets promotionnels divers, l’entreprise se tourne vers la radio et la télévision où elle se fait connaître par son célèbre slogan « Dites donc Dow !». Les coups de génie publicitaires de la brasserie sont bien recensés dans cet ouvrage qui intéressera tant les amateurs d’histoire de la bière que ceux qui se passionnent pour l’histoire du marketing. On y voit effectivement comment l’entreprise a su embrasser les grands changement sociaux (notamment la montée du nationalisme canadien-français) et se mettre à la page en finançant des projets bien en vue dans la province tels quel la planétarium de Montréal. Si on aurait aimé par moments que les auteurs poussent plus loin leur analyse de ces campagnes de publicité et de l’évolution de cette brasserie, l’ouvrage n’en demeure pas moins intéressant pour en apprendre plus sur l’histoire de la bière au Québec. Le premier tiers du livre met d’ailleurs en lumière toute une série de brasseries méconnues qui se joindront à la National Breweries Limited au début du XXe siècle. Les gens de Québec seront donc heureux d’en apprendre plus sur les cinq entreprises de la ville qui se joignent au groupe : Boswell & Brother, Gauvin et Cie, Geo. E. Amyot Brewing Co., Proteau & Carignan ainsi que sur la Brasserie de Beauport.

 

 

Pierre Paquin, Une maudite belle histoire! Les premières années d’Unibroue, Montréal, éditions de l’Homme, 2020, 232 p. Le goût des Québécois pour la bière a énormément évolué depuis les trente dernières années. Alors que les Molson O’Keefe et Labatt dominaient largement le marché au début des années 1990, les microbrasseries connaissent aujourd’hui une popularité sans précédent. Cet engouement, c’est en partie le fait d’Unibroue, une entreprise qui émerge d’une rencontre entre André Dion, l’ex-président du conseil d’administration de RONA, et Mario Denis, un représentant de la bière Portneuvoise, au tournant des années 1990. Ce dernier vient alors quérir quelques conseils auprès de Dion pour assurer la pérennité de la distribution des quelques bières de microbrasserie de l’époque sans se douter qu’il entraînera bien involontairement Dion dans la création de la plus importante microbrasserie québécoise des dernières décennies. C’est ce qu’on apprend dans cet ouvrage consacré à l’histoire de cette entreprise de ses débuts à a vente à John Sleeman au début des années 2000. Dans un style vivant et par moments lyrique, Pierre Paquin nous entraîne dans les coulisses de l’histoire de cette brasserie. On se retrouve ainsi tantôt à partager une blanche avec Dion et sa femme en Belgique dont ils s’inspireront pour créer la fameuse Blanche de Chambly, tantôt dans les coulisses des spectacles de Robert Charlebois dont la participation à l’aventure s’avérera indissociable de son succès. C’est là l’intérêt de cet ouvrage : on y découvre toute l’importance que peuvent avoir des rencontres a priori fortuites sur le succès d’une entreprise. L’ouvrage plaira autant aux amateurs de bière qui désirent en apprendre plus sur l’histoire de ce fleuron de l’industrie brassicole qu’à ceux qui s’intéressent à l’histoire des affaires au Québec puisqu’on y découvre la naissance et la croissance fulgurante d’une compagnie dans un récit très humain.

 

Stéphane Morin, Le cidre au Québec. Histoire, cidreries et coups de cœur d’ici, Montréal, éditions de l’Homme, 2020, 224 p. Saviez-vous que le Québec compte plusieurs dizaines de cidriculteurs? Qu’on consomme du cidre dans le couloir laurentien depuis le passage des pêcheurs basques dans la région au XVIesiècle? Que le cidre de feu est né sur des évaporateurs d’eau d’érable? C’est cela et bien plus encore qu’on apprend dans cet ouvrage de Stéphane Morin. Après avoir brossé un bref portrait de l’histoire du cidre au Québec (dans lequel on apprend notamment que Duplessis a mené la vie dure aux cidriculteurs qui ne votaient pas du bon bord!), on découvre les réserves des Québécois pour cet alcool au lendemain de sa légalisation en 1965 (il faut dire qu’on privilégiait à l’époque la quantité sur la qualité), puis leur engouement à compter du « retour du bon cidre » et de l’arrivée du cidre de glace. Stéphane Morin nous présente ensuite le processus de fabrication du cidre et les différents types qui existent (plat, mousseux, de glace et de feu) tout en nous familiarisant avec son vocabulaire. L’ouvrage se termine par un bref portrait de 40 producteurs de cidre québécois (principalement de la Montérégie mais aussi de la grande région de Québec) et un inventaire des cidres qu’on retrouve dans la province avec quelques conseils pour en maximiser la dégustation. Un livre qui plaira tant à ceux qui désirent en apprendre plus sur le cidre qu’à ceux qui souhaitent en connaître de nouveaux ou préparer une excursion chez un cidriculteur l’été prochain.