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Voyage au bout de l’été : les classiques dépoussiérés #10

par Émilie Rioux, le 8 septembre 2015 | Chéri(e) j’arrive

L'étrangerQui ?

Albert Camus (1913-1960), écrivain et journaliste militant, prix Nobel de littérature en 1957. Son œuvre est l’une des plus importantes du XXe siècle : La peste, Le mythe de Sisyphe, Caligula, La chute, etc. Il a beaucoup réfléchi sur le sens de la vie. Il meurt en 1960 dans un accident de voiture. 

Quoi ?

L’étranger, premier roman de Camus, paru en 1942, dont l’incipit reste célèbre : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. ».s

De quoi ça parle ?

Meursault, le personnage principal et narrateur, vit et travaille à Alger alors que l’Algérie est encore française. Il vient d’enterrer sa mère et commence une relation avec Marie. Parmi ses amis se retrouve Raymond Sintès, un proxénète qui bat sa maîtresse Maure mais qui a peur du frère de celle-ci. Lors d’une sortie à la plage, après une bagarre avec des Arabes dont ce dernier, Meursault tue l’un d’entre eux. Arrêté puis questionné, refusant d’émettre le moindre regret (mais n’éprouvant pas non plus un sentiment inverse), il sera condamné à mort à la guillotine. Il trouvera la paix et la sérénité avant de mourir.

Anecdote :

L’étranger fait partie du « cycle de l’absurde » avec Le mythe de Sisyphe (essai) et les pièces de théâtre Caligula et Le malentendu. Il y explore l’absurde fondamental de la condition humaine qu’il faut transcender pour atteindre un humanisme qui doit rapprocher les hommes entre eux. Le « cycle de la révolte » est aussi disponible.

Pourquoi il faut le lire ?

  • Camus réussit à mélanger l’intime et l’universel : l’histoire de cet homme simple rejoint tous les lecteurs.
  • Meursault est un personnage fascinant car détaché de sa propre vie, ayant compris l’absurde de toute vie et l’ayant accepté.
  • Tous les grands sujets universels y sont présentés : absurde de la vie, religion, destin/fatalité, peur de la mort, notion du temps qui passe, mémoire, etc.
  • Le style littéraire de Camus est simple mais ô combien efficace : la plupart du temps, sujet/verbe/complément, pas de fioritures, le propos est ici clairement exposé, tout en étant riche de sous-entendus.
  • Plusieurs pages bouleversantes qui ne peuvent laisser le lecteur humain insensible. On peut lire et relire L’étranger et l’émotion restera la même.

Adaptations :

  • Plusieurs traductions (40 langues) dont l’anglais, le kabyle et l’espéranto.
  • 1ère place du classement français des 100 meilleurs livres du XXe siècle, et fait partie de la liste des 100 meilleurs livres de tous les temps (Cercle norvégien du livre, 2002).
  • Au cinéma : adaptation en 1967 par Luchino Visconti, avec Marcello Mastroianni dans le rôle de Meursault, et influence dans The Barber (Frères Coen, 2001).
  • En bandes dessinées : José Munoz (Éditions Futuropolis, 2012) et Jacques Ferrandez (Gallimard BD, 2013), et en édition illustrée : 1948, avec 29 « eaux fortes » par Mayo.
  • En littérature : Meursault, contre-enquête (2013) de Kamel Daoud (point de vue de l’Arabe tué) et La joie (2015) de Charles Pépin, entre autres.
  • En danse : spectacle éponyme de Jean-Claude Gallotta en juin 2015 à Grenoble.
  • En musique : Killing an Arab (The Cure, 1978), L’étranger (Tuxedomoon, 1982) et Albert Camus lit L’étranger remix, spectacle conçu par Pierre de Mûelenaere (2008-2014).

 

par Cyril Schreiber