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Voyage au bout de l’été : les classiques dépoussiérés #4

par Émilie Rioux, le 22 juin 2015 | Chéri(e) j’arrive

KafkaQuoi ? La métamorphose, nouvelle écrite en 1912 et publiée en 1915, l’un des rares textes publiés du vivant de Franz Kafka.

Qui ? Franz Kafka (1883-1924), l’un des écrivains les plus importants du XXe siècle. Parmi ses plus célèbres titres : Le procès, Le château, L’Amérique et Dans la colonie pénitentiaire. Son œuvre est caractérisée par une ambiance glauque, cauchemardesque, où l’individu se retrouve démuni face à une société impersonnelle et bureaucratique.

Anecdote : On a bien failli de ne jamais connaître Kafka : ayant demandé à son ami intime Max Brod, dans une missive au caractère testamentaire, de tout brûler après sa mort, à savoir son mobilier mais surtout ses écrits restants. Ce dernier alla à l’encontre de cette demande et publia la majorité de l’œuvre de Kafka dans les années 1920. On ne sut jamais si celui-ci était sérieux dans sa demande. Par ailleurs, Brod a pris certaines libertés quant aux manuscrits de Kafka, surtout Le château.

De quoi ça parle ? Gregor Samsa, jeune commis voyageur, se réveille un matin dans le corps d’un insecte. Il vit d’abord cloîtré dans sa chambre. Il habite avec ses parents et sa sœur Greta qui ne voient pas, au-delà des apparences, la part d’humanité qui lui reste. S’entame alors une métamorphose, une lente déclinaison et une perte d’humanité de plus en plus flagrante.

Pourquoi il faut le lire ?

  • Pour les multiples interprétations que le lecteur peut faire de cette histoire, ce qui en fait une véritable œuvre littéraire. Ces lectures (sociologiques, métaphysiques, psychanalytiques) permettent ainsi de trouver tous les thèmes possibles : solitude, handicap, perte d’identité et d’humanité, incommunicabilité, rivalité père-fils, désirs incestueux, prémonition du génocide du peuple juif, etc.

Plus d’une centaine d’interprétations existent, faites par les grands théoriciens de la littérature, dont Vladimir Nabokov, qui considère Kafka comme le plus écrivain allemand de l’époque et La métamorphose comme sa plus grande nouvelle.

  • Pour l’écriture serrée, étouffante, de Kafka, qui participe au climat suffocant du récit, dans laquelle toute la psychologie intérieure de Samsa nous est dévoilée.

  • Il y a aussi l’avènement du surnaturel dans un quotidien reconnaissable, élément fantastique tout de suite admis et assimilé : personne ne s’étonne de l’état d’insecte de Samsa. Le pourquoi scientifique est évacué, seul reste la fatalité, qu’il faut accepter ou mourir.

Adaptations : Un téléfilm français en 1983, et plus généralement un nouveau filon pour les créateurs, celui de la transformation de l’homme en animal ou en insecte (par exemple, The Fly de David Cronenberg, 1986).

Une curiosité : Franz Kafka’s It’s a wonderful life, court-métrage (1993) de Peter Capaldi avec Richard E. Grant dans le rôle de Kafka. Le film, qui a remporté l’Oscar du meilleur court-métrage de fiction en 1995, mélange La métamorphose et It’s a wonderful life de Frank Capra.

* Fiche de Lecture et chronique par Cyril Schreiber