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CHYZ Arts

Critique de La renarde (Grand Théâtre de Québec)

par Cyril Schreiber, le 23 février 2019 | Chéri(e) j’arrive, CHYZ ARTS

Dans la saison actuelle du Grand Théâtre, la date du 22 février était entourée dans le calendrier de plusieurs amateurs de chanson québécoise, avec la présentation de La renarde, sur les traces de Pauline Julien. Ce spectacle collectif 100 % féminin, créé aux Francofolies de Montréal l’année dernière, est présentement en tournée, et s’arrêtait dans une salle Louis-Fréchette très bien remplie vendredi soir, quelques semaines seulement après la parution du disque éponyme.

Sur scène pendant 1 heures 40, 12 femmes de plusieurs générations et métiers sont ainsi venues rendre hommage à cette grande interprète québécoise partie il y a 20 ans, qui fut aussi parolière à ses heures. Ce spectacle hommage, conçu et mis en scène par Inès Talbi, permet de constater, en autres avantages, à quel point son répertoire est riche et varié : on passe de la gravité à la légèreté, de l’humour à l’émotion, avec souvent en filigrane cette interrogation sur le fait d’être femme, mais aussi sur le peuple québécois, le pays encore à faire – un discours à l’époque peut-être nécessaire mais plus vraiment d’actualité aujourd’hui, malgré ce qu’on veut (encore) nous faire croire lors de la représentation.

Crédit : Marie-France Coallier (Le Devoir)

Parmi les bons coups, notons le sympathique duo Émilie Bibeau/Sophie Cadieux (sur La grenouille et Gémeaux croisés, écrite avec Anne Sylvestre), Bibeau toute seule sur Rien qu’une fois faire des vagues, Cadieux et Queen Ka sur la géniale réinvention d’Est-ce ainsi que les hommes vivent ? (Aragon/Ferré) et France Castel et Louise Latraverse, malgré quelques cafouillages, pour la portion plus légère du spectacle – et émotive, avec l’incontournable Âme à la tendresse en fin de parcours.

En revanche, Fanny Bloom et Frannie Holder, aussi talentueuses puissent-elles être dans leur répertoire respectif, n’avaient tout simplement pas assez de coffre et de voix en spectacle pour rendre un hommage digne de ce nom à la chanteuse née à Trois-Rivières, notamment sur Une sorcière comme les autres, La Manic et Au milieu de ma vie.

La renarde, sur les traces de Pauline Julien, qui comportait aussi des grands succès de Gilles Vigneault, Leonard Cohen et Claude Gauthier, aura donc permis de (re)découvrir toutes ces chansons variées, qui plus est dans des arrangements electro rafraîchissants signés Jean-Vivier Lévesque (Groenland). Est-ce à dire que le spectacle fut une réussite complète ? Certainement pas : plusieurs aspects auraient mérité du peaufinage, ou carrément une autre approche formelle. Mais l’intention (louable) était là. Reste à savoir si la tournée actuelle, qui se poursuit jusqu’au 17 mars prochain, aura su conquérir un public plus jeune ou s’il y avait majoritairement des têtes blanches dans les salles…

La setlist du spectacle ici.

Cyril Schreiber