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Le plus gros poisson d’avril de l’histoire du sport

par Directeur Sports, le 1 avril 2014 | Conduite antisportive

Il y a 29 ans aujourd’hui, le populaire magazine américain Sports Illustrated surprenait le monde du baseball en lui apprenant l’existance de Sidd Finch, un américano-anglo-tibétain de 28 ans capable de lancer une balle de baseball à 165 MPH. Les Mets l’avaient débusqué au beau milieu de nulle part. Sorti tout droit de l’imagination du journaliste George Plimpton, Finch, selon l’article, avait grandi dans un orphelinat anglais avant d’être adopté par un archéologue, qui lui même s’était tué quelques années plus tard dans un accident d’avion au Népal. Après avoir brièvement étudié à Harvard, Finch était parti au Tibet étudier le yoga avec le grand poète saint Lama Milaraspa. C’est au Yoga qu’il aurait développé sa capacité à lancer si fort.
Et ce n’est pas tout. Dans les photos de lui parues dans Sports Illustrated, le maigre Finch lançait avec une botte de marche dans un pied et rien dans l’autre. On disait de lui qu’il hésitait toujours entre une carrière dans le baseball ou une autre comme joueur de cor français!

Bien que tout cela peut paraitre ridicule, le sérieux de l’article de Plimpton réussit à convaincre la plupart des lecteurs du magazine. Il faut comprendre que les Mets avaient été mis au parfum avant la sortie de l’article et ce dernier citait plusieurs joueurs de l’organisation qui avaient, disait-on, eu la chance de voir le phénomène à l’oeuvre.

Les réactions fusèrent de toute part à la sortie de l’article. Les amateurs des Mets étaient aux anges. Un éditeur d’un grand journal de New York se plaignit à l’organisation des Mets du fait que Sports Illustrated, un magazine basé à Boston, ait eu le scoop. Deux gérants d’équipe de la MLB écrivirent au commissaire de la ligue de l’époque, Peter Ueberroth, pour lui faire part des dangers pour leurs joueurs qu’impliquaient des lancers à 165 MPH.

Le lendemain, l’organisation des Mets convoqua une conférence de presse devant les trois grands réseaux américains, ABC, NBC et CBS, pour présenter le mystérieux Sidd Finch. Finch, incarné pour l’occasion par Joe Berton, un professeur d’art de l’Illinois, annonça alors qu’il se retirait du baseball majeur avant d’y avoir lancé un seul lancer, pour se concentrer sur « le cor français, le golf, ou quelque chose d’autre… ».

Ce n’est que le 15 avril, deux semaines plus tard, que Sports Illustred annonça qu’il s’agissait d’un poisson d’avril. Le lead de l’article original se lisait d’ailleurs « He’s a pitcher, part yogi and part recluse. Impressively liberated from our opulent life-style, Sidd’s deciding about yoga — and his future in baseball. » En gardant seulement la première lettre de chaque mot, on peut y lire : »Happy April Fool Day – ah(a) fib ».

 

Guillaume Piedboeuf

Directeur des sports

@GPiedboeuf