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Antoine Bordeleau a écouté Psychic de Darkside

par Guillaume Pepin, le 8 novembre 2013 | Critiques musicales

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Psychic, par Darkside

Le duo composé de Nicolas Jaar et du guitariste Dave Harrington, quoiqu’encore peu connu, n’a rien d’une équipée de néophytes. On a affaire ici à deux musiciens chevronnés ayant semé séparément leurs sons à travers le globe pour finalement s’associer en 2011 sous le nom de Darkside. Après un album de remix de la totalité des pièces du dernier Daft Punk il y a quelques mois, les acolytes nous livrent ici leur deuxième album complètement original et force est d’admettre que tout les amateurs de groove atmosphérique seront comblés. On parle ici d’un album que les éminents de chez Pitchfork ont classé ‘’Best new music’’; je me vois dans l’impossibilité de les contredire. Explorations sonores et beats minimalistes mais punchés sont au rendez-vous, et l’écoute se fait d’un bout à l’autre avec un sourire pendu aux oreilles. Sortant des sentiers battus, on a droit à des glitches digitaux utilisés volontairement pour rajouter de la texture se baladant main dans la main avec des passages de guitare presque country, supportés par des bassines complètement synthétiques et des samples provenant d’à peu près autant de sources qu’il y a de mouches dans un coucher de soleil estival d’Abitibi.

Dès l’ouverture, avec la pièce “Golden Arrow”, l’auditeur est placé hors de sa zone de confort avec une longue progression de 11 minutes qui ne cesse de se renouveler soniquement pour mener à un groove presque acide plongé dans une mer de synthétiseurs crémeux à souhait. Un des moments les plus étrangement savoureux trouve sa source en la néo-country “Paper Trails”: puissante voix de basse sous-octavée, improvisations bluesy de guitare électrique où l’on croirait reconnaître un Mark Knopfler 2.0 et pads savoureux s’agencent pour créer une expérience unique en son genre, d’une façon exemplaire. En fin de parcours, le duo nous offre une “Metatron” lente et progressive qui restera assurément le tissu duquel les rêves de l’auditeur seront tissés longtemps après la première écoute.En bref, un incontournable.

8.5/10