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Nouvelles

Club Critique – 12 mai 2021

par Gabriel Tremblay, le 14 mai 2021 | Club Critique, Critiques musicales, Nouvelles

 

TEKE::TEKE – Shirushi 

(Émilie Rioux)

Depuis ses premières présences sur la scène québécoise, le septuor montréalais TEKE::TEKE se positionne comme porte-étendard de la musique épique psychédélique orientale. Le groupe lance maintenant Shirushi, un premier album à saveur cinématographique où les violons d’Ennio Morricone flirtent avec les guitares surf-rock, entre deux envolées de flûte traversière. Supportée par des arrangements phénoménaux, la voix de la chanteuse Maya Kuroki transcende les neuf pistes pour nous faire vivre des émotions grandioses. Le voyage musical qui en résulte est dépaysant, décoiffant et hautement addictif. 8.5/10

 


Iceage – Seek Shelter (Gabriel Tremblay)

Seek Shelter est la cinquième offrande de la formation danoise Iceage, à ne pas confondre avec le film d’animation du même nom. Fort d’un punk «artsy» plutôt unique, la réputation du quatuor scandinave n’est plus à faire. Autrefois considérés comme des shamans du fuzz et des effets de guitare, les danois étaient, dans le style, assez abrasifs, acerbes et crus. Maintenant, leur son est beaucoup plus velouté, léché et au final, accessible. Dorénavant, ils délaissent de plus en plus leur côté punk-anarchique pour surfer, si on veut, vers un univers quasi-britannique, digne des années 90. Pour cette galette, ils font appel à une chorale gospel, amenant une texture légèrement gothique/cathédrale qui ressort au passage, leur côté glauque et horrifique. C’est l’album de la maturité pour Iceage, qui,  force est d’admettre, devient de plus en plus convenu. 7/10

 


Laura Cahen – Une fille (Jordane Labrie)

Laura Cahen frappe fort avec son deuxième opus, Une fille. Stylistiquement très différent de son premier album Nord, on y retrouve ce que l’on aime tellement de cette artiste: la singularité de sa voix aussi fragile que précise, ses mélodies presque lyriques, ses phrases presque chuchotées, sa poésie parfois tranquille, parfois crue, son immense talent comme guitariste et comme autrice-compositrice. Ce qu’elle nous offre avec Une fille, c’est un son unique, aux confluents de l’électro, de la chanson, de la pop, sur trame très imagée. Hymne à la féminité, à l’émancipation, l’album est porté par plusieurs «fille(s)» qui rayonnent bien au-delà de la durée des chansons. Décomplexée à 100%, Laura Cahen aborde même frontalement son homosexualité: «Qu’est-ce que ça peut vous faire si je préfère dans mon lit une fille». Il glisse dans l’oreille tout seul dans une douceur et une mouvance qui libère : un album parfait pour un printemps plein de promesses. 9/10