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Corridor – Supermercado

par Thomas Mailloux, le 12 juin 2017 | Critiques musicales

En plein dans le mille

Après la sortie de Le corridor-band-montrealVoyage Éternel et Un Magicien En Toi, le quatuor montréalais Corridor revient plus confiant que jamais avec Supermercado, leur meilleur effort jusqu’à présent. Si dans les précédents disques (à écouter si vous ne l’avez jamais fait, c’est du solide) le groupe nous amenait dans plusieurs directions sans jamais en choisir une en particulier (c’est aussi bonne chose), on a l’impression que dans ce dernier opus, c’est plutôt le contraire. Corridor nous transporte merveilleusement bien dans leur jangle-pop/art-rock/post-punk indescriptible. Déjà ça, c’est un exploit.

Nommé Supermercado, le deuxième album complet de la formation montréalaise comporte 11 pièces et s’échelonne sur 35 minutes. Enchaînement entre courtes et plus longues pièces de 4 ou 5 minutes, l’album garde encore le son typique de Corridor, mais avec une touche plus pop qu’auparavant. Ce n’est pas négatif, loin de là, c’est même rafraîchissant.

a0829300612_10Rafraîchissant parce que le groupe garde un son unique tout en offrant des pièces dans un style que l’on entend presque jamais chanté en français. Les guitares sont grinçantes à souhait et le groupe ne fait pas de compromis sur l’intensité qui lui est propre. C’est définitivement le cas sur Ce N’est Rien, Mal aux Mains ou encore Du Moyen Âge à l’âge moyen. Ceux qui souhaitait voir le groupe se diriger vers un côté plus psychédélique seront peut-être déçus, mais, humblement, il y a assez de subtilités sur cet album pour y jeter un oeil obligatoirement (ou une oreille).

Rafraîchissant parce que tout s’enchaîne vraiment bien. L’album prend définitivement son envol avec Coup d’épée, mais c’est sur Le Grand Écart, L’espoir Sans Fin, Data Fontaine et Demain Déjà que Supermercado prend tout son sens. Entre douceur et intensité, la formation montréalaise mélange les riffs de guitares à la Corridor avec des voix profondes, des lignes de basses groovy à souhait et des mélodies bien prenantes. L’histoire Populaire de Jonathan Cadeau vient terminer le tout de brillante façon avec une touche complètement différente qui nous laisse avec un grand sourire. On reprochera seulement aux pièces de se ressembler quelques fois, mais en même temps, n’est-ce pas ce qu’on recherche pour qu’un album colle bien ?

Au final, Dominic Berthiaume, Jonathan Robert, Julian Perreault et Julien Bakvis nous offrent un album fort prometteur qui comporte ses hauts et ses bas et que l’on réécoutera avec plaisir. En clarifiant leur identité de disques en disques, Corridor réussi un tour de force avec Supermercado.


QUELQUES PIÈCES SCRUTÉES À LA LOUPE

1. LE GRAND ÉCART : Assurément la pièce où les guitares sont les plus satisfaisantes. Tout commence doucement, l’intensité grimpe et, BANG, tout explose pour terminer en douceur. Bravo. Rien d’autre à dire.

2. DATA FONTAINE : Très mélodique, c’est une des pièces les plus fortes de l’album. Elle montre merveilleusement bien la versatilité du groupe. Les voix sont belles et planantes et nous transportent tout au long de la pièce. Juste du plaisir, vraiment.

3. DEMAIN DÉJÀ : Deuxième chanson la plus longue de l’album, c’est, à mon humble avis, la pièce la plus entraînante. On aime son rythme très soutenu et les guitares intenses, mais c’est vraiment les voix qui s’ajoutent pendant la pièce que l’on adore. Du grand Corridor.

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Auteur : Thomas Mailloux