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Critique du spectacle de Marc Déry (Grand Théâtre de Québec)

par Cyril Schreiber, le 19 octobre 2019 | Chéri(e) j’arrive, Critiques musicales

Si on exclut sa participation à différents projets collectifs ainsi que le retour (en force) de son groupe Zébulon, il y a longtemps qu’on n’avait pas vu Marc Déry en solo sur scène. La parution à la fin septembre de son cinquième album, Atterrissage, était la parfaite occasion pour reprendre la route. Cette nouvelle tournée s’arrêtait vendredi soir dans une salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec à moitié pleine mais néanmoins enthousiaste.

Entouré de 4 musiciens (dont les vieux complices Alain Quirion et Mélanie Auclair), le chanteur québécois a évidemment fait une belle part à ses nouvelles chansons, mais a aussi pigé dans son vaste répertoire, n’hésitant pas à déterrer quelques vieux succès, notamment du premier album éponyme (qui a eu 20 ans cette année), au plus grand plaisir des fans. Le vent dans le cou, Presqu’autant qu’il y a d’étoiles et Alice (belle chanson pour sa fille) ont compté parmi les meilleurs nouveaux moments, dans ce spectacle généreux qui mêlait à la fois rock et douceur. Libre, La cabane à Félix, Poisson d’avril et l’incontournable À la figure, quant à eux, étaient notamment autant de jalons peut-être nostalgiques mais toujours plaisants à (ré)entendre.

L’ambiance était bon enfant, peut-être même trop, limite broche-à-foin. Dans la première partie, on constatait un manque flagrant de cohésion entre les musiciens et des problèmes d’équilibre sonore, notamment au niveau des deux batteries. Le tir a été heureusement corrigé dans la seconde portion de la soirée, mais nous étions en droit d’attendre plus de rigueur, compte tenu de l’expérience des protagonistes.

Il faut dire que Marc Déry est sur scène un gamin loin d’être blasé du métier, caractéristique certes rafraîchissante mais dont l’enthousiasme débordant lui faisait oublier des paroles, réaliser des transitions pénibles entre deux chansons et rajouter quelques extraits impromptus (mais cependant sympathiques) de reprises, ce qui rendait l’ensemble inconstant. Un paradoxe, si on considère le petit miracle du deuxième rappel, J’m’endors pas, chanson non prévue au départ, une demande du public exécutée somme toute de bonne manière en “improvisant” pour la moitié des musiciens. 

Même s’il a comporté nombre de moments enthousiasmants, Atterrissage dans sa version scénique mériterait d’être resserré et devrait délaisser quelque peu son côté “colonie de vacances”… tout en conservant le plaisir de jouer.

Le site officiel de Marc Déry et la setlist du spectacle.

Cyril Schreiber