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Critique du spectacle de Patrice Michaud et l’Orchestre symphonique de Québec (Grand Théâtre de Québec)

par Cyril Schreiber, le 21 février 2020 | Chéri(e) j’arrive

Depuis plusieurs années, l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ) propose une série de concerts pop où un chanteur “non-classique” revisite son répertoire en mode orchestral. Après notamment Louis-Jean Cormier, Catherine Major et Pierre Lapointe, l’OSQ avait invité cette année le talentueux Patrice Michaud à poursuivre cette belle tradition, un choix logique puisque le chanteur gaspésien connaît un succès autant public que critique au cours des dernières années.

Le résultat, Un Michaud sur son 36, en mode symphonique, présenté au Grand Théâtre de Québec jeudi soir en grande première, fut à la hauteur des attentes. Les magnifiques arrangements de Gabriel Desjardins et surtout Antoine Gratton (présent sur scène au piano) ont permis de redécouvrir sous un nouveau jour les chansons de Michaud, et particulièrement ses textes finement ciselés. Mention spéciale pour La faille de San Andreas (récité), une surprenante douceur sur l’incontournable Mécaniques générales, Je cours après Marie et la redécouverte du Triangle des bermudes. Cet amalgame de grands succès et pépites moins connues était entrecoupé d’interventions parfois proches du conte, souvent très drôles.

Patrice Michaud vivait lui-même une sorte de rêve d’enfant, ayant grandi au son des bandes sonores des classiques hollywoodiens, notamment Star Wars, dont l’OSQ a joué un medley – tant qu’à avoir un orchestre symphonique, autant se gâter ! La tradition d’inclure une pièce classique a aussi été respectée, et Patrice Michaud a choisi de faire découvrir à son public un compositeur contemporain, bien vivant, Mathieu David Gagnon (frère et arrangeur de Klô Pelgag) et sa pièce Fleuve #1, intégrée au projet Flore Laurentienne, et parfaitement interprétée par l’orchestre sous la direction du chef David Martin.

Le natif de Cap-Chat, qui a été recalé du cours de musique au primaire (!), signait donc une belle revanche sur le destin : sa poésie toute personnelle (et universelle à la fois) fut sublimée par le symphonique. Un nivellement par le haut, pour reprendre son expression, et un spectacle qu’il fallait vivre pour en comprendre toute la beauté.

Le spectacle est encore présenté au Grand Théâtre ce vendredi 21 février, ainsi qu’à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts le 5 mars prochain. La setlist par ici.

Cyril Schreiber