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Daniel Bélanger – Paloma

par Alexandre Martel, le 29 novembre 2016 | Critiques musicales

Depuis la parution de Paloma, on parle à tout vent du retour du vrai Daniel Bélanger. D’aucuns crient au génie, heureux que les expérimentations qui caractérisaient les deux derniers albums soient enfin choses du passé. S’il est vrai que la guitare acoustique de Bélanger se retrouve à nouveau au centre de plusieurs chansons, on peine à savoir à quel Daniel Bélanger nos confrères font référence.

Si l’on peut reconnaître les enrobages électroniques qui évoquent très vaguement l’époque Rêver Mieux et les guitares électriques de L’échec du matériel, Paloma constitue tout autant un autre chapitre dans la carrière de Bélanger  qu’un retour aux formes qui le consacrèrent dans la précédente décennie. L’utilisation des chœurs et de certaines percussions normalement associées aux musique du monde marquent un tournant qui, pour moins extravaguant que ne l’étaient les saxophones de Nous et le rockabilly de Chic de ville, n’en amènent pas moins le musicien à enrober différemment des chansons qui, elles, n’ont pas beaucoup évoluées. Le problème vient peut-être justement du fait que lesdites chansons auraient pu être écrites il y a quinze ans sans que personne ne s’en formalise.

De fait, Paloma ne nous semble pas le disque inspiré dont tout le monde vante les mérites. Sans être dénué d’intérêts, il se révèle un album sans écueils, mais également sans sommets. On entend beaucoup Bélanger tenter de sonner comme lui-même; la plupart du temps, ça marche, même si souvent ça lui ressemble trop. Vient un temps en carrière où il vaut mieux rater un circuit que de se contenter d’un coup sûr.

Auteur : Alexandre Martel