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Dominic Savard a écouté « Les Arômes » de Medora

par Émilie Rioux, le 25 janvier 2016 | Critiques musicales

par Dominic Savard

S’agissant du deuxième EP à voir le jour, Les Arômes, du quatuor québécois Medora, paraissait le 13 janvier dernier et nous invitait à pénétrer un univers sonore éthéré et vaporeux propre à l’esthétique rock indépendant.

Pas de doute que ce nouveau maxi réussit dans un registre. Le dynamisme. Le rôle mélodique de la guitare qui, le plus souvent réverbérée, tente et réussit à créer ce maelström, envoutant et conviant à prendre part à une ascension. Un appel à emprunter une route doucement sinueuse vers des lendemains inexistants.

Une Fille et son Côté Gauche, nous engage d’abord en évoquant les forces d’attraction entre les corps et la fébrilité inhérente, lorsque «l’air [devient] chargé d’osmose». Ensuite, c’est avec Oui, Je Flotte en Suspens, deuxième titre du EP que l’album est impulsé, dans une convaincante progression attisant plus certainement l’osmose entre l’auditeur et la force latente du groupe. Le Magma des Corps, maintient son emprise dès le commencement grâce à l’ostinato rythmique et mélodique de l’intro, qui se réaffirmera pour accompagner la voix de Vincent Dufour au moment où il jette «ensemble nous gisons, nos cœurs en rocaille de poudre à canon». Une poudre à canon qui restera pourtant ignifuge. Permanence, reste le titre le plus convaincant, assemblant des parties éparses de fougue, d’instinct, de lyrisme, de texture et de rythme dans un tout cohérent et vibrant. L’universalité des paroles et surtout du «Je suis un rêve latent» résonne en nous et contribue un tant soit peu à émouvoir.

MedoraLes Arômes, reste dans son ensemble, un album juste et égal tant dans sa production que dans sa réalisation. Mais le périple dans lequel il nous entraine, ne souffre-t-il pas de sa constance globale, de son manque d’aspérités ? Un album ne se veut-il pas un cri, émis à gorge déployée ou autrement, étouffé? Les Arômes est certes un album digne d’estime mais l’ascension dans laquelle il tente de nous entrainer cesse et nous laisse quelque part entre ciel et terre, «entre [soi] et l’hydravion», comme suspendu entre déchainement et retenue, dans une relative linéarité qui empêche la catharsis de se cristalliser. Ainsi ce rêve latent que nous sommes tous, ces velléités qui finissent par nous hanter parce qu’elles ne passent que trop rarement la porte menant au réel, reste tout comme Les Arômes, circonscrite à un état de latence. Je suis pourtant déjà impatient d’écouter la prochaine production de Medora parce qu’entre latence et consécration, une route existe. Aussi sinueuse soit-elle.