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Dragos a écouté Goldfrapp

par Guillaume Pepin, le 13 novembre 2013 | Critiques musicales

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Dragos Chiriac sur Goldfrapp

 

L’album Tales of us (2013) est le sixième du duo Goldfrapp, composé de Will Gregory et de Alison Goldfrapp. Il s’agit d’un album électro acoustique nostalgique et planant qui passe par l’électro et le folk médiéval saxon, tout en étant accompagné d’une voix semblable à une complainte au timbre d’Enya. J’ai été agréablement surpris, n’ayant pas d’attentes particulières pour l’album. Les harmonies sont plaisantes. Les chansons progressent de manière constante et parfois même surprenante. Par moments, on a le droit à une touche originale de design sonore. L’orchestration est très bien balancée sans débordements ou carences (à l’exception de Thea où la compression de la pièce a de la difficulté à supporter le nombre élevé d’éléments sonores). Je crois que plusieurs éléments de Tales of us pourraient figurer dans des films ralentis (parce que ça fait plus « dramatique » et « profond », comme le fait d’avoir des chansons toutes nommées par un seul nom et un visuel monochrome). J’imagine Drew, Simone, Annabel, Ulla, Alvar et Stranger figurer sur le visuel du dernier vidéo-clip de Maldito, Walk alone, ou sur une scène du Seigneur des anneaux pour leur « médiévalité » et leur astreinte sentimentale. Si cela avait été le cas, j’aurais souvent eu envie de m’écrier : « Non Maldito! Pourquoi te fais tu autant mal?! Non Frodon! Pourquoi ne partages-tu pas cet anneau qui fait l’objet de ton joug et qui accable ta quête profonde?! Pourquoi sont-ils condamnés à aimer souffrir?! ». Je prends également le temps de parler de la qualité sonore de l’album. L’album pourrait être moins loud et plus dynamique, les voix sont sibilantes, sèches et leur réverbération froide me semble mal choisie, même si on peut y trouver une quelconque figure de style, car il est difficile de comprendre les paroles (qui pourraient d’ailleurs avoir plus de contenu pour un album qui sonne sérieux et profond). Finalement, il y a beaucoup de bruits et de clicks qui ne me semblent pas volontaires. Sans entrer dans une herméneutique de tous les artéfacts étranges audibles, j’ai l’impression que certains d’entre eux ont été laissés là en se disant que personne n’allait s’en rendre compte. Ils ne sont juste pas agréables et ils ne ressemblent pas à un vinyle poussiéreux ou a un bruyant circuit à tubes, que certains artistes peuvent rechercher dans leurs albums. Somme toutes, j’ai bien aimé l’album.

 

Ma note finale : 9/10

 

Dragos Chiriac : artiste/compositeur de musique électronique et hip-hop. Je fais partie de deux groupes : l’un, solo, a mon nom et l’autre, duo, s’appelle Careful. Côté études, j’ai un background musical en piano classique, en philosophie (baccalauréat en 2011) et en réalisation audionumérique (certificat en 2012 et maitrise en 2013). Je débute également un doctorat dans le même domaine à l’hiver 2014. D’un point de vue de chercheur, je m’intéresse à l’enregistrement analogique, au mixage, au matriçage et au design sonore. D’un point de vue humain, j’adore la musique par dessus tout.