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Ego Death : Au Nom du Père (Critique)

par Émilie Rioux, le 29 janvier 2016 | Chéri-e j’arrive, Critiques musicales

par Cyril Schreiber

Ego Death, c’est le nouveau projet solo de Joey Proteau, chanteur de Modern Primitive. Son premier EP paru de manière totalement indépendante, Grief, a vu le jour le 22 janvier dernier, une date significative pour le chanteur de Québec, un an jour pour jour après la mort de son père. L’écriture de chansons comme thérapie, un classique dans la création artistique.

Ego DeathProteau s’est payé les services de nul autre que Simon Pedneault (ex-Who are you, guitariste de Louis-Jean Cormier), lui aussi basé à Québec, pour l’enregistrement de ces 5 titres, les arrangements étant signés par les deux complices.

Les cinq chansons en anglais de ce EP sont « à la fois minimalistes et expansives » selon le texte officiel de la présentation du projet. Et il est vrai que « Andreane », « Troubles », « Lucid dreams », « Third eye » et « I hate everyone » ont à la fois quelque chose de fondamentalement intime, intimiste, et ample de par les arrangements, les guitares délicates et surtout la superposition des voix, un traitement assez réussi qui est l’une des plus grandes forces des paroles de Proteau, qui font maintes fois référence à cethème du père disparu, perdu, sont successivement sombres et plus optimistes au sein même d’une chanson. La mort est décrite certes comme une souffrance pour ceux qui restent, mais aussi une délivrance, une paix, pour ceux qui ne sont plus là.

Si l’ensemble de Grief se tient et propose une belle unité, les deux premières chansons, Andreane et Troubles, se démarquent du lot car leur proposition musicale est légèrement différente : on peut entendre sur les refrains du premier titre la belle voix de Gabrielle Shonk en arrière-plan, tandis que le mélange banjo/violoncelle (celui de Marie-Pier Gagné) s’avère efficace sur le second.

Avec Ego Death, Joey Proteau s’éloigne clairement du rock de Modern Primitive. Son nouveau projet est une belle surprise très agréable à écouter, à la fois forte et délicate. Reste maintenant à voir comment ces cinq chansons (et d’autres en banque ?) se réincarneront sur scène.

Pour écouter/télécharger Grief : www.egodeath.ca