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La poursuite du bonheur : critique de « Désherbage »

par Cyril Schreiber, le 3 octobre 2017 | Chéri(e) j’arrive, Critiques musicales

Mine de rien, Tire le coyote bâtit discrètement une solide carrière qui le fait connaître de plus en plus. Désherbage, son quatrième album studio complet, est l’une des sorties les plus remarquées de la nouvelle cuvée de chanson québécoise.

Symbolisée par une belle pochette signée Martin Bureau, cette nouvelle livraison prouve une fois de plus, si besoin est, tout le talent du chanteur né à Sherbrooke mais établi à Limoilou, et devrait finir de convaincre les plus sceptiques – même ceux qui doutent de sa manière de chanter, de sa voix si particulière, une caractéristique qui s’estompe à force de l’écouter tant elle fait partie de son identité.

Tire Le CoyoteSur Désherbage, on peut entendre dix nouvelles chansons très bien produites, mélangeant l’acoustique et l’électrique, où les guitares et les claviers occupent une belle part du gâteau : un résultat rendu possible grâce à la complicité de ses musiciens avec qui il évolue depuis plusieurs années, ses guitaristes Shampouing et Simon Pedneault en tête.

À travers son écriture poétique et imagée, Benoit Pinette s’exprime non seulement de son point de vue – un homme de son époque, conscient de ses failles, qui tente le bonheur, l’avenir, sans renier le passé, l’enfance –, mais aussi d’une certaine façon pour sa génération, ou du moins ses semblables, avec encore une fois la femme comme issue de secours. Car les images qu’il met dans ses textes sont mille fois plus fortes et plus vraies que les discours d’amour traditionnels, reflètent parfaitement les interrogations que se font les jeunes adultes d’aujourd’hui en quête de sens. Sa plume sensible trouve ironiquement son apogée dans sa traduction libre de Video games de Lana Del Rey en conclusion d’album, un petit bijou aussi beau et poignant que l’original.

On aurait donc tort d’entendre Désherbage sans l’écouter attentivement, sans s’attarder aux textes et à sa qualité musicale. On ne saurait que recommander chaudement cet album ainsi que les précédents, autant de jalons dans une carrière qui prend graduellement de l’ampleur d’un chanteur au sommet de son art qui a trouvé sa voie sans pour autant se dénaturer.

À voir/écouter : Tes bras comme des murailles à Ici Musique, Le ciel est backorder et Jeu vidéo.

Cyril Schreiber

Auteur : Cyril Schreiber