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L’ennui du divertissement : Radio Radio – Light the Sky

par Guillaume Pepin, le 19 février 2016 | Critiques musicales

De la poudre aux yeux, le dernier Radio Radio? Ça rutile, ça éblouit, ça se veut divertissant. Mais l’est-ce vraiment? Pour ce cinquième album en carrière, et leur premier en anglais, le quatuor devenu duo mise plus que jamais sur l’attrait de la piste de danse et de ses artifices. De fait, les pistes instrumentales, hyperactives, sont composées d’une ribambelle d’interventions ponctuelles peinant pourtant à dynamiser un ensemble qui, au final, se révèle un peu morne et unidimensionnel.

Le choix de l’anglais, outre les motivations commerciales qui le sous-tendent, nous laisse un peu perplexe. Sur Light the Sky, le groupe abandonne  leur spécificité pour embrasser la pop américaine dans une maladroite tentative. Maladroite puisque, en fin de parcours, ce sont les faiblesses des rappeurs, lacunes qui se voyaient gommées par l’exotisme du chiac, qui sont mises de l’avant. L’insignifiance de leurs textes,  la pauvreté rythmique de leur flow sont autant d’éléments qui donnent un air de wannabeism à l’entreprise. Dans cette tristesse qu’est un disque à teneur commerciale dépourvu d’un hit, on ne peut s’empêcher d’avoir l’impression que quelque chose ou quelqu’un n’est pas à sa place. Comme l’explicite l’intérieur de la pochette, les deux gars de Radio Radio semblent catapultés dans un décor qui ne leur sied pas. Et ils ont beau clore l’album sur un manifeste réclamant le droit au divertissement en art, on s’ennuie réellement sur ce disque qui ne questionne rien et qui ne stimule ni le bassin, ni la cervelle.