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Mauves – Coco

par Émilie Rioux, le 11 octobre 2016 | Critiques musicales

Tu « coco » (N.D.R. : mis pour « connais », avec une « french touch« ) le groupe franco-québécois Mauves?

[par Ariane Lehoux]

Sorti au lendemain de l’équinoxe d’automne, l’album Coco saura combler tes envies de musique pop-rock en période octobrale, mon coco/ma cocotte. Qui sont Mauves? Charles Blondeau (batterie, percussions, voix), Julien Déry (guitares, percussions, synthétiseurs, voix), Alexandre Martel (guitares, harmonium, percussions, piano, pianos électriques, synthétiseurs, voix) et Cédric Martel (basse, percussions, synthétiseurs, voix).

Parc du Portugal, piste 6. Le saxophone (Christophe Lamarche-Ledoux), c’est du pur bonbon. Le genre de bonbon qui fond lentement en bouche mais que parfois on se permet de croquer dans la hâte d’en connaître la saveur. Cette comparaison que je formule ici, je l’appliquerais à tout l’album. Évidemment, comme lorsqu’on est confrontés à un sac de Skittles classique ou de petits oursons en gelée, on peut préférer certaines couleurs, qu’on choisit de goûter en premier ou de se garder pour la fin. Mes préférences : Vélomoteurs, Eh Fille, (rouge), J’ai tout essayé, Le petit jour, La carte des feux (bleu), Les mots de gare (orange). Finalement, mes bonbons mauves d’exception, qui donnent une jolie et forte identité à Coco, ce sont Longtemps, Parc du Portugal, Nouvelle-Calédonie, et XXIe.

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« En Nouvelle-Calédonie

J’ai laissé ma vie loin du paradis

Perdu mon temps à Amsterdam

Fumé un bat dans un show métal à Rimouski

Me suis ramassé à Stoneham

Mangé un hot dog avec des piments de Chicago

C’était chaud »

 

Nouvelle-Calédonie, piste 7. J’adore les paroles (Alexandre Martel, Simon Paradis, Renaud Pilote et Serge-André Amin) de ce micro-récit avec diverses escales. L’atmosphère musicale me rappelle celle de Mr. Blue Sky (Out of the Blue, 1977) du groupe rock birminghamois Electric Light Orchestra (ELO), formé en 1971. Une instrumentation rock électrique variée, qui sert joyeusement le propos du « j’ai laissé ma vie loin du paradis », avec amusement; un rythme réjouissant, carrément. Le piano solo (Guillaume Martineau) sur Nouvelle-Calédonie et Eh fille concourt assurément à la beauté polyphonique de ces deux chansons.

XXIe, piste 9. Dans la répétition, la beauté, l’éclat(ement) des notes. Une basse répétitive, ça restera toujours du génie. Money (The Dark Side of the Moon, 1973) et, de Talking Heads, Born Under Punches (Remain in Light, 1980) en sont deux preuves. À mon sens, XXIe de Mauves se conçoit sur cette forme de procédé harmonique de l’ostinato. C’est efficace à l’oreille, et en plus ça nous ramasse de la tête aux pieds; l’envie de danser nous gagne!

Je m’imagine dans cet univers pop art – d’un quasi collage éclectique – que me vend la pochette de l’album. Coco, c’est donc une esthétique assez léchée, avec un rythme organisé des motifs, musicaux en l’occurrence, avec une variété de plages de couleurs et de zones plus classiques oscillant efficacement entre le noir et le blanc; le tout inscrit dans un ensemble pop-rock discret qui innove (et se réinvente) bien plus qu’il ne pasticherait de grands noms.

Coupable… je n’ai pu assister au spectacle de Mauves du 6 octobre dernier à Québec. Mais il y aura un prochain show dans la capitale : le 10 mars 2017 au Cercle. Avis aux auditeurs chyziens d’autres villes, une petite tournée approche en novembre : le 4 à Trois-Rivières (Satyre Cabaret-Spectacle
), le 5 à Sherbrooke (Boquébière
), le 11 à Montréal (Maison de la culture Maisonneuve
), le 12 à Chicoutimi (
Le Sous-bois
) et le 26 à Terrebonne (Moulin Neuf).

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Pour vous procurer Coco : c’est iciou ici !

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Auteur : Émilie Rioux